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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 107, septembre-octobre 2016 > Alstom, SFR, Latécoère, Arkema... tous ensemble contre les licencieurs

Alstom, SFR, Latécoère, Arkema... tous ensemble contre les licencieurs

Latécoère (Toulouse)

Les actionnaires veulent se gaver en cassant l’emploi

Mis en ligne le 5 octobre 2016 Convergences Entreprises

Le marché des avions civils se porte bien : les carnets de commande d’Airbus et de Boeing sont remplis sur 10 ans ! Mais les sous-traitants se portent parfois moins bien, en particulier parce qu’Airbus et Boeing leur imposent des investissements lourds pour rester dans la course alors même qu’ils ne leur laissent qu’une faible marge. Cette politique de Risk Sharing Partnership conduite par Airbus et Boeing a plombé la trésorerie des sous-traitants mais a permis à Airbus de dégager beaucoup de cash. Latécoère en est un exemple frappant : pour rester « sous-traitant de rang 1 » le groupe s’est endetté fortement (320 millions d’euros pour un groupe employant environ 5 000 personnes). Il a été au bord du dépôt de bilan en 2015 malgré un plan de charge bien garni.

Les banquiers créanciers ont revendu leurs créances à deux fonds de pension. Et ces fonds de pension ont transformé la créance en participation au capital : ils sont depuis mai 2015 les actionnaires principaux.

Le plan Transformation 2020

Le 7 juin dernier, la direction a annoncé un plan Transformation 2020 qui comprend la vente de la filiale Latécoère Services (841 emplois), la fermeture d’une usine de la filiale Latélec près de Tarbes (70 emplois) et des centaines d’emplois supprimés sur le site historique de Toulouse (900 emplois, dont environ 300 en production).

La vente de Latécoère Services à ADF (groupe spécialiste de la maintenance industrielle), quasiment finalisée pour 63 millions d’euros, soit l’équivalent de plus de 11 ans de bénéfices, apparaît à tous comme une volonté des nouveaux actionnaires de récupérer rapidement une partie de leur mise. La fermeture de l’usine tarbaise est, elle, concomitante avec l’ouverture d’une nouvelle usine au Maroc. Ce n’est sûrement pas un hasard. Quant au site toulousain, on apprend qu’une partie va être vendue : une opération juteuse dans ce quartier près de la gare, Latécoère devenant locataire. Mais surtout la majorité de la production partirait ailleurs et il y aurait donc 70 « modifications ou transferts de postes » et 194 suppressions de postes.

La nouvelle direction, le directeur général ayant été limogé sans explication peu après avoir lancé Transformation 2020, prétend avoir un « vrai plan industriel » avec recentrage sur le cœur d’activité et création d’une usine dans la banlieue toulousaine. Mais personne n’y croit vraiment, d’autant plus que les annonces se contredisent. Et pourquoi supprimer des postes si on veut ouvrir une nouvelle usine à quelques kilomètres ?

Réactions des salariés

La réaction à ce plan de casse de l’emploi a tardé à se concrétiser. Si les différents sites de Latélec ont débrayé le 18 juillet en solidarité avec leurs camarades du site tarbais, c’est seulement le 14 septembre que la CGT, enfin convaincue que la CGC et FO ne feraient rien alors même que la négociation du PSE touche à sa fin, a organisé un débrayage à Toulouse. Puis il y a eu un cortège en tête de la manifestation contre la loi Travail du 15 septembre, et un nouveau rassemblement devant l’usine le 21 septembre : nous étions plus de 150, dont pas mal d’anciens de la boite, des délégations venues de Safran, d’Airbus, du CHU et d’autres entreprises. Enfin 35 travailleurs sont sortis à l’appel de la CGT pour accueillir Philippe Poutou le 22 septembre.

Ceux qui ont participé aux débrayages sont bien conscients qu’il va falloir convaincre les hésitants de se battre. Certains optimistes pensent même que la CGC va appeler aux prochaines actions.

À noter que le témoignage de l’épouse d’un salarié, exprimant sa révolte face au retour annoncé pour sa famille dans la précarité, a fortement ému les participants au rassemblement du 22 septembre et stimulé les énergies. La plupart des participants sont bien conscients qu’il faut faire partager leur détermination à leurs collègues et passer au plus tôt à la grève.

23 septembre 2016, Félix ROLIN

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Numéro 107, septembre-octobre 2016