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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 107, septembre-octobre 2016 > Deux romans

Deux romans

Petit Pays

Mis en ligne le 5 octobre 2016 Convergences Culture



Petit Pays

de Gaël Faye

Grasset, 224 pages. 18 euros


Ce premier roman de Gaël Faye figure sur toutes les listes des prix littéraires. Un succès qui n’a rien d’usurpé. Métis franco-rwandais, comme l’auteur, le narrateur, Gabriel, décide de retourner sur les lieux de son enfance.

Nous sommes en 1992, dans un quartier d’expatriés et de privilégiés de Bujumbura, la capitale du Burundi. Gabriel a 10 ans et vit avec son père, un entrepreneur français, sa mère rwandaise et sa petite sœur. Le Burundi connaît alors sa première élection présidentielle et, pour la première fois, un Hutu, Melchior Ndadaye, devient président d’une république où les postes dirigeants de l’administration et de l’armée sont occupés par des membres de la minorité tutsie. Élu en juin, il est assassiné en octobre par des militaires tutsis, ce qui provoque en réaction des massacres de Tutsis, le pays plongeant durablement dans la guerre civile.

Au Nord, au Rwanda, c’est la chronique d’un massacre annoncé. La mère de Gabriel avait fui le pays avec une partie de sa famille à la suite des massacres de Tutsis perpétrés en 1963 par le régime de Grégoire Kayibanda. L’histoire est en passe de se répéter, en pire…

Autour de Gabriel et de sa sœur, le monde se disloque. Le cocon familial vole en éclats. La mère part pour le Rwanda afin de tenter de porter secours à sa famille pendant ces mois d’horreur. Nous ne voyons de la guerre civile au Burundi et du génocide rwandais que ce que nous montrent les yeux d’un enfant.

« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles (…) J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants », a dit Gaël Faye.

L’écriture est belle, le texte souvent très drôle (les échanges épistolaires entre Gabriel et sa correspondante d’Orléans sont hilarants tant ils sont décalés !). Ce beau roman d’un jeune auteur de rap (une de ses chansons avait déjà pour titre Petit Pays) est à lire absolument.

Liliane LEFEVRE

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Numéro 107, septembre-octobre 2016