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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 107, septembre-octobre 2016 > Deux romans

Deux romans

Cartel

Mis en ligne le 5 octobre 2016 Convergences Culture


Cartel

de Don Winslow

Éd. du Seuil, 718 pages. 23,50 euros



Ce livre est la suite de la saga mexicaine de la drogue commencée avec La Griffe du chien que l’auteur dédie aux dizaines de journalistes et blogueurs mexicains, assassinés ou « disparus » pendant la période 2004-2012 que couvre le roman. On y retrouve Art Keller agent américain de la DEA (Drug Enforcement Agency), traquant le puissant baron de la drogue, Adan Barrera, tout juste échappé de sa prison de haute sécurité. L’histoire racontée est fictive, mais l’auteur précise que « les événements de ce livre sont inspirés par des faits réels ». On assiste à des scènes d’enlèvements, d’extorsion, à l’enrôlement de gamins de quartier pour guetter la police, transporter la drogue, ou devenir des tueurs fous téléguidés par leurs donneurs d’ordre.

À travers ces épisodes terrifiants, l’auteur souligne la complicité de l’État mexicain corrompu qui gère en sous-main le marché de la drogue et permet à ses hauts fonctionnaires un enrichissement rapide et sûr grâce à la terreur que font régner les bandes mafieuses. Il accuse les militaires qui se comportent au Mexique comme une armée d’occupation, souvent en cheville avec les barons de la drogue, aussi craints que les narcos eux-mêmes. Mais il désigne surtout les États-Unis comme principal responsable de la prétendue « guerre contre la drogue » qui transforme le Mexique en abattoir. Car c’est le premier marché de la drogue où les cartels écoulent leur funeste marchandise, destinée aux millions de junkies solvables : « Vous nous reprochez de vendre la marchandise que vous achetez. C’est absurde » dit un colonel mexicain à l’agent de la DEA. Les USA bénéficient aussi d’un business, lucratif, celui des armes et des munitions vendues aux cartels et à ceux sensés les combattre, la police et l’armée mexicaines.

Alliant fiction et vérité documentaire, le roman est constitué essentiellement de dialogues entre les différents acteurs entrecoupés de brefs commentaires. Don Winslow use d’une langue tranchante rendant palpable une violence omniprésente. Son thriller accusateur est sans doute ce qu’on a écrit de plus fort sur la tragédie du narcotrafic mexicain.

Charles BOSCO

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Numéro 107, septembre-octobre 2016

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