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DOSSIER : Migrants : Contre les démagogues de tous bords, opposer la solidarité des travailleurs

Quand un ancien politicien d’extrême-droite fait du fric grâce aux réfugiés…

Mis en ligne le 5 octobre 2016 Convergences Monde

Bert Karlsson a fondé un parti d’extrême-droite prônant l’arrêt de l’immigration en Suède. Il a été élu sous l’étiquette de ce parti dans les années 1990. Mais ça c’était avant. Après avoir fait des affaires dans la télé-réalité et la musique de variété, il s’est reconverti dans l’accueil des migrants : c’est, de ses activités, «   la plus rentable de toutes », dit-il [1]. Jokarjo AB, son entreprise, est prestataire de services pour les municipalités suédoises. Elle fournit des places d’hébergement dans des centres qu’elle gère de A à Z.

Karlsson se veut le « Ikea de l’accueil des réfugiés », c’est-à-dire selon lui la qualité à bas coût. Pour la qualité, il a des progrès à faire. Les pensionnaires d’un centre ont mené une retentissante grève de la faim : la nourriture leur était servie encore congelée… D’autres ont dénoncé la qualité de l’eau ou le manque de place. Et les inspecteurs de l’hygiène ont relevé de nombreux manquements à la réglementation.

Pour le bas coût en revanche, Karlsson annonce des tarifs jusqu’à deux fois moins chers que la concurrence. C’est qu’il ne ménage pas ses efforts pour les réduire, en voyant grand et multipliant les économies d’échelle. La nourriture est ainsi produite centralement par une filiale nommée Food Company. Celle-ci fournit non seulement les centres d’accueil de Jokarjo, mais aussi ceux de certains concurrents. La dernière acquisition de Karlsson, un vieux sanatorium racheté et rénové pour un peu plus d’1,5 million d’euros, loge 570 personnes – elles sont bien tassées. « J’étais sûr que ça allait marcher. J’avais vu la guerre en Syrie, il était impossible que ça s’arrête », dit-il à propos du flux de demandeurs d’asile arrivant en Suède.

Comme son modèle Ingvar Kamprad, le créateur d’Ikea, Karlsson n’oublie pas de rémunérer convenablement son génie visionnaire : il récupère sous forme de profits 6 à 10 % des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel de Jokarjo AB. Certes, les critiques ne manquent pas. Certains considèrent qu’il n’a pas changé d’idées, mais fait désormais son beurre sur le dos de ceux qu’il voulait empêcher d’entrer en Suède hier. Mais Karlsson s’offusque dès qu’on le traite de raciste : la moitié des 500 salariés qu’il exploite sont des immigrés venant de pays hors de l’Union européenne...

M.P.


[1« En Suède, l’accueil des réfugiés est un business très rentable », Antoine Jacob, www.lesechos.fr, 9 septembre 2016.

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Numéro 107, septembre-octobre 2016