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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 107, septembre-octobre 2016 > Alstom, SFR, Latécoère, Arkema... tous ensemble contre les licencieurs

Alstom, SFR, Latécoère, Arkema... tous ensemble contre les licencieurs

Arkema Pierre-Bénite (Lyon)

De la fin d’un atelier au début d’une lutte ?

Mis en ligne le 5 octobre 2016 Convergences Entreprises

Le 14 septembre dernier, la direction d’Arkema annonçait officiellement la fermeture de l’atelier 130 de l’usine de Pierre-Bénite et la suppression de 38 postes. Le jour même, l’usine était en grève et la production à l’arrêt.

Au sein de cette usine chimique, l’atelier 130 est dédié à la production de gaz fluorés, qui interviennent notamment dans la production d’air conditionné, en particulier dans la climatisation des voitures. Pour justifier sa décision, la direction invoque l’évolution à venir de la réglementation européenne. En effet, à partir du 1er janvier 2017, l’utilisation du gaz fluoré R134a, produit dans l’atelier promis à la fermeture, sera interdite dans tout nouveau véhicule.

En réalité, il s’agit là d’un prétexte, puisque le patron en profite pour étendre au maximum le plan de suppression de postes. Ce plan de restructuration va toucher les autres secteurs de l’usine. D’ailleurs, même après le 1er janvier, la production de R134a restera utile. En effet, il faudra toujours recharger les voitures vendues avant le 1er janvier avec ce gaz. Cela, la direction le sait bien puisqu’elle compte en tirer profit : malgré l’arrêt de la production à Pierre-Bénite, Arkema disposera toujours des quotas de vente alloués par l’Union européenne, ce qui amènera l’entreprise à s’approvisionner en R134a ailleurs pour revendre ce gaz… et se faire de juteux profits au passage.

La direction voudrait faire passer son plan en douceur en promettant que les 38 travailleurs dont le poste serait supprimé seront reclassés sur le site. « Aucun plan social », comme ils disent. Bien entendu, elle se garde bien d’évoquer les conditions de ce reclassement. Qui plus est, ces reclassements auront un prix, notamment le non-renouvellement de nombreux travailleurs en CDD, présents dans l’entreprise depuis plusieurs années pour certains. Il y aura aussi des suppressions indirectes d’emplois, puisque nombreux sont les travailleurs d’entreprises extérieures à intervenir sur un atelier de ce type. On voudrait nous faire croire qu’on peut supprimer 38 postes et arrêter une activité de production sans fabriquer des dizaines de chômeurs. À d’autres !

Un milliard de profits en 2015

Arkema n’a pas le couteau sous la gorge, loin de là. En 2015, l’entreprise a fait plus d’un milliard d’euros de profits [1]. Pour une entreprise ayant un chiffre d’affaire de 7,7 milliards d’euros et un effectif de 19 000 salariés, c’est énorme ! Pas plus tard que cet été, Arkema a fait l’acquisition d’une entreprise néerlandaise pour un demi milliard d’euros. Et maintenant, pour quelques millions d’euros d’économies, ils voudraient envoyer des dizaines de travailleurs au Pôle emploi !

Pour toutes ces raisons, l’annonce de la fermeture de l’atelier 130 a déclenché une réaction de colère. Les travailleurs savaient ce que le patron allait annoncer au Comité central d’entreprise du 14 septembre et ont décidé qu’il fallait leur montrer tout de suite qu’on était prêt à se battre. L’usine s’est mise en grève, la production totalement arrêtée.

Le lendemain, une assemblée générale a réuni 70 travailleurs, venus des différents secteurs du site, ce qui ne s’était pas vu depuis longtemps. Tous étaient d’accord pour dire que ce plan n’était pas acceptable et qu’il ne fallait pas laisser tomber les collègues en CDD qui allaient perdre leur boulot. Chacun sait que la direction veut faire passer son plan le plus vite possible, et encore plus vite occuper la tête des travailleurs dont le poste sera supprimé par des considérations personnelles sur le reclassement. Dans ce contexte, il ne faut pas perdre de temps pour leur montrer qu’on est prêt à lutter contre se plan. Bref, le ton était combattif.

Rendez-vous donné mercredi 28 septembre pour la prochaine journée de grève… qui annonce, espérons-le, le début d’une lutte collective.

Le 25 septembre 2016, correspondant


[1Mesuré par l’Ebitda, soit le bénéfice avant que n’en soient soustraits divers éléments comme les intérêts, les impôts, les taxes, etc.

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Numéro 107, septembre-octobre 2016