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DOSSIER : Le harcèlement des migrants, ça suffit !

Le harcèlement des migrants, ça suffit !

Mis en ligne le 8 février 2018 Convergences Politique

En visite à Calais, Macron s’est félicité d’une situation qui se serait améliorée. En détruisant le camp de migrants de Calais, la concentration de misère qu’il constituait a disparu : cela pique moins les yeux ! Mais la situation des migrants n’a fait qu’empirer. Ceux qui restent dorment dans des fossés pour se cacher de la police. Les autres subissent une véritable chasse à courre. Le moindre abri, le moindre début de campement qui permettrait de survivre au froid est immédiatement déblayé. Les militants associatifs témoignent des couvertures arrachées, des tentes lacérées, des biens personnels confisqués. À Calais, la durée de vie d’une tente est de deux jours.

Et ce ne sont pas les 50 millions d’euros que Theresa May a promis à Macron pour de nouvelles clôtures et caméras à l’entrée du tunnel sous la Manche qui vont arranger les choses. L’État français se fait l’avant-poste des gardes-frontières britanniques, comme la Libye et la Turquie le font pour l’Europe. Bien sûr, en France, la mise en esclavage des migrants comme en Libye ferait mauvais genre, alors on use du harcèlement policier avec le même objectif : dissuader les migrants de venir en rendant le territoire français pire pour eux que les pays de dictature, de guerre et de misère qu’ils cherchent à fuir.

Et pour ajouter à l’immonde, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, prépare une nouvelle loi anti-immigrés. « Humanité et fermeté », ose-t-il dire, quand il s’agit d’accélérer les procédures de tri et d’expulsion, et de porter à quatre-vingt-dix jours au lieu de quarante-cinq la durée maximale de détention administrative.

L’indignation jusque dans le camp macroniste

La brutalité déployée par le gouvernement est telle que même parmi les soutiens à Macron, certains commencent à s’inquiéter. Le secrétaire de la CFDT, Laurent Berger, et quelques autres ont écrit une tribune dans Le Monde pour regretter le « double langage » de Macron et la réalité inhumaine de sa politique : « C’est ainsi que des Érythréens, des Soudanais ou des Syriens, humiliés dans leur pays, torturés en Libye, exploités par des passeurs criminels, terrorisés en Méditerranée et entrés en Europe par la Grèce ou l’Italie, pourraient bientôt être privés de liberté en France », dénoncent-ils (à juste titre).

Les associations humanitaires sont elles aussi révoltées par le rôle de police supplétive que voudrait leur faire jouer le ministre de l’Intérieur. Celui-ci a ordonné à ses préfets de mettre en place des « équipes mobiles » chargées de recenser les migrants dans les centres d’hébergement d’urgence et il voudrait imposer aux associations de transmettre la liste des personnes hébergées avec leur statut de séjour, histoire de ne laisser aucun espace de répit aux migrants. Macron ose même se plaindre que les associations déconseillent aux migrants de se rendre dans les nouveaux « centres d’accueil et d’examen des situations administratives », dont elles craignent – avec raison – qu’ils soient des centres de tri prompts à l’expulsion vers le pays d’origine ou vers le pays d’entrée dans l’Union Européenne, là où les migrants sont censés déposer leur demande d’asile selon l’accord de Dublin.

À quand la révolte ?

L’indignation s’exprime aussi dans la jeunesse. Dans les facs, des étudiants réquisitionnent des salles pour héberger des jeunes migrants, les aident à se faire inscrire au lycée ou à l’université et exigent leur régularisation auprès des préfectures et des conseils d’administration.

Cette indignation aurait bien des raisons de s’étendre à tous les travailleurs. Les capitalistes qui sèment la misère et les guerres dans le monde, poussant des millions de travailleurs et de chômeurs sur les routes, sont les mêmes qui, en France, licencient, gèlent les salaires, aggravent les conditions de travail. Face à l’inhumanité de l’exploitation capitaliste et de ses gestionnaires, aux travailleurs et aux jeunes de montrer de la fermeté dans leur solidarité de classe.

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