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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 117, janvier-février 2018 > DOSSIER : Le harcèlement des migrants, ça suffit !

DOSSIER : Le harcèlement des migrants, ça suffit !

Le diable loge au Prahda

Mis en ligne le 8 février 2018 Convergences Politique

Aux migrants évacués de Calais, puis des campements de la région parisienne, on a donné la perspective de déposer une demande d’asile en France. Mais au lieu de les accueillir dans les Centres d’Accueil de Demandeurs d’Asile (CADA) existants, le ministère de l’Intérieur a créé d’autres lieux, les Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO)… soigneusement dispersés un peu partout en France. Il s’agissait moins de faire droit à leur demande que de les faire monter sans trop de résistance dans les bus qui les emmenaient à l’isolement.

Depuis fin 2016, un nouvel acronyme est sorti de l’imagination fertile des hauts fonctionnaires de l’immigration : le PRAHDA (PRogramme d’Accueil et d’Hébergement des Demandeurs d’Asile). Il offre un taux d’encadrement moindre que les CADA (un salarié à temps plein pour 20 à 25 hébergés au lieu d’un pour 15 à 20), et surtout a pour but de pousser plus vite ses pensionnaires – tous des migrants tombant sous le coup du « règlement Dublin » (voir encadré p. 19) – vers la sortie que dans les CADA et CAO. Les salariés semblent d’ailleurs davantage recrutés parmi les agents de sécurité privée que les intervenants sociaux comme c’est le cas pour les CADA. C’est certes mieux que ces véritables prisons que sont les centres de rétention. Mais il s’agit quand même d’une sorte d’antichambre avant l’expulsion.

En Limousin, un PRAHDA a ouvert en phagocytant des logements jusque-là occupés par un CADA. De jeunes Soudanais y ont été transférés il y a un mois en provenance du CAO. Alors qu’au niveau national, le gouvernement s’était engagé à traiter toutes les demandes d’asile des migrants évacués dans les CAO, ces jeunes sont assignés à résidence, donc obligés de pointer au commissariat tous les jours, en attendant qu’on les renvoie en Italie. Pourtant les autorités françaises savent que l’Italie, porte d’entrée en Europe de la plupart des migrants débarquant d’Afrique, ne prendra pas en charge leur demande d’asile. Le gouvernement italien les laissera à la rue avec 7 jours pour quitter le pays, ou pire, s’il a de la place, les enfermera dans un centre avant leur renvoi au Soudan !

En France, Macron et Collomb veulent intensifier ce harcèlement des migrants. Et le retour à la case départ est offert par la maison…

Correspondante locale

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Numéro 117, janvier-février 2018

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