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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 115, novembre 2017 > Internationalisme contre protectionnisme

Internationalisme contre protectionnisme

L’État, garantie de la pérennité des emplois ?

Mis en ligne le 7 novembre 2017 Convergences Politique

En réponse aux suppressions d’emplois, aux fermetures d’usines et aux opérations de fusion-acquisition, il n’est pas rare de voir émerger la demande de nationalisation. Ainsi, l’État viendrait à la rescousse des travailleurs. Une telle revendication recouvre bien des illusions sur cet État bourgeois, qui montre au jour le jour ses liens avec le patronat [1]. Et l’appel à la nationalisation, revient surtout à esquiver la confrontation directe avec le patronat, en cherchant un sauveur suprême dans une institution qui n’est pas dans le camp des travailleurs.

La nationalisation est une manière d’autoriser le patronat à aller profiter de sa fortune ailleurs, pendant que l’État gère les secteurs les moins rentables… et finisse par les restructurer lui-même pour privatiser à nouveau lorsqu’ils rapportent suffisamment. Les capitalistes savent bien y trouver leur compte, même « sans indemnité ». Ils savent faire sortir l’argent des entreprises dont ils veulent se débarrasser. Certains sont prêts à vendre leurs usines à des liquidateurs pour un euro symbolique, alors si l’État s’en charge gratuitement, c’est toujours un euro de gagné. Aux travailleurs d’exiger que les patrons payent le maintien des emplois sur leur fortune accumulée.

L’État, premier licencieur

Rappelons que l’État n’a jamais été une « garantie » pour les emplois. Lorsqu’au début des années 1980, celui-ci a nationalisé certains pans de l’industrie, cela s’est soldé par des dizaines de milliers de suppressions d’emplois, des fermetures d’usines et des fusions-absorptions. Par exemple, Arcelor est sorti de la restructuration par l’État de la sidérurgie lorraine : un « fleuron industriel » né du chômage et de la ruine de régions entières. La nationalisation d’entreprises qui ferment ou qui licencient n’est ni une victoire partielle, ni la voie vers la socialisation des grands moyens de production. Elle permet seulement aux capitalistes de sous-traiter les restructurations, qui seront ainsi financées par l’argent public.

Qui plus est, l’État n’est pas plus soucieux des salariés, lui qui vient de balayer d’un revers de stylo 150 000 emplois aidés. Les salariés de La Poste, d’Orange, de la SNCF, des écoles, des hôpitaux en savent long sur les méthodes de cet employeur, qui impose le sous-effectif permanent.

Quant au « contrôle des travailleurs », sans une lutte déterminée, organisée et en passe de se généraliser, cela reste un mot creux. La seule garantie pour les emplois, c’est le rapport de forces construit dans la lutte, qu’il s’agisse d’empêcher une fermeture ou d’obtenir la garantie du salaire jusqu’à la retraite. C’est aux travailleurs eux-mêmes d’imposer l’interdiction des licenciements et le partage du travail entre tous, sans se perdre dans les objectifs d’une nationalisation illusoire.

M.S.


[1Il arrive à des militants révolutionnaires, sans doute à titre propagandiste, d’ajouter en passant « nationalisation sans indemnités et sous contrôle des travailleurs », une précaution verbale de pure forme et qui ne change rien aux illusions sur l’appel à l’État dans un contexte très éloigné d’une grève générale voire d’une crise révolutionnaire posant le problème du pouvoir.

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Numéro 115, novembre 2017

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