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CHU Nantes

L’Antidote Anticapitaliste n°6

14 Décembre 2020

15 décembre 2020 Brèves d’entreprise

Mobilisation contre les déserts médicaux à Vitré

Une soixantaine de personnes a répondu à l’appel à rassemblement devant l’hôpital de Vitré, ce jeudi 10 décembre, pour protester contre la fermeture des urgences la nuit. Seule une ligne Smur pour les urgences vitales a été conservée 24h/24. La raison ? Une pénurie de médecin urgentiste depuis plusieurs mois. Le site doit fonctionner avec 10,8 médecins urgentistes (ETP) et ils sont 5,2 actuellement. Les sollicitations dues à la crise sanitaire, le vieillissement du personnel soignant, et la privatisation du système de santé ne font qu’étendre les déserts médicaux. En France, le nombre de personnes vivant dans un désert médical est en hausse. Il est passé de 5,7 millions en 2016 à 7,4 millions en 2019 soit 11 % de la population. Et cette tendance n’est pas prête de s’inverser. La privatisation du système de santé va de pair avec une répartition anarchique des forces de santé, un accroissement des inégalités et la prolifération des déserts médicaux. La loi du profit n’est pas celle du bien commun. Il faudra bien que sur ce point, les personnels soignants puissent contester ces décisions arbitraires et désastreuses, pour faire entendre leurs voix.


Plus d’AS, moins de CRS

Budgets en hausse annoncés par le gouvernement, mais pas celui qu’on réclamait. Le recrutement de 2 000 fonctionnaires de police et de gendarmerie, ainsi qu’une hausse du budget de la justice de +8% sont prévus en 2021. Des magistrats, des policiers et des CRS, ainsi qu’une nouvelle loi qui les protège des images. C’est pourtant pas à coup de matraque qu’on va réparer l’hôpital... De notre côté 93 euros d’augmentation en mars, et pas pour tout le monde.


Remdesivir : prix exorbitant, efficacité inexistante

Le laboratoire américain dénommé Gilead a réussi à vendre à des prix très élevés un médicament inefficace appelé Remdesivir. Comment en est-on arrivé à une telle aberration ? Au début de la pandémie, aucun traitement efficace n’existe contre le Covid-19 qui se propage alors très rapidement. C’est ainsi que l’on va tester l’efficacité du Remdesivir. On essaie donc des médicaments antiviraux connus afin d’en trouver un efficace pour stopper la progression du virus. Certes, le Remdesivir s’est avéré efficace face à d’anciens Coronavirus, mais le sera-t-il face à celui qui s’abat sur le globe en 2020 ? Des études sont alors lancées pour déterminer l’utilité possible du Remdesivir. Une première étude ne montre aucune réduction de la mortalité des malades hospitalisés. Plus tard, une autre étude réalisée à plus grande échelle cette fois ne montre, elle non plus, aucune réduction de la mortalité mais révèle une récupération améliorée des malades atteints d’une forme grave, permettant de sortir cinq jours plus tôt de l’hôpital. Très rapidement, l’agence américaine du médicament délivre une autorisation de mise sur le marché du Remdesivir. Peu après, l’agence européenne autorise à son tour sa commercialisation. Quel en serait le prix de vente ? Fixer ce prix ne se fera pas en fonction du prix de revient du médicament, mais en fonction d’arrangements lucratifs. Le grand laboratoire états-unien a ainsi obtenu des autorités américaines un prix de 390 dollars la dose de ce médicament, soit 2 340 dollars le traitement en entier (6 doses au total). La Commission européenne, quant à elle, a fixé le prix pour les pays européens. Il sera de 2 000 euros le traitement. En même temps que ces arrangements crapuleux et ces négoces juteuses, une grande étude clinique rassemblant 2 750 malades traités au Remdesivir dans plusieurs pays révélait que ce médicament n’avait finalement aucun effet sur la mortalité ou sur la diminution de la durée d’hospitalisation des malades. Pendant ce temps-là, 640 000 doses avaient été commandées par des pays européens, soit près de 250 millions d’euros pour un traitement inefficace que l’OMS a fini par déconseiller. Alors qu’on nous dit qu’il n’y a pas d’argent pour l’hôpital public, les grandes entreprises pharmaceutiques s’en mettent plein les poches.

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