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CHU Nantes

L’Antidote Anticapitaliste n°20

2 Juin 2021

Violences : l’insécurité est d’abord sociale et sanitaire !

Vendredi 28 mai, une attaque au couteau a eu lieu à la Chapelle-sur-Erdre. Une policière municipale a été blessée et son arme subtilisée par un forcené qui a blessé un gendarme après avoir pris une personne en otage. Les politiciens en campagne électorale s’en sont immédiatement donné à cœur joie. Un agresseur musulman présumé, et voilà, une nouvelle campagne sécuritaire. Comme il s’agit d’un ancien détenu de droit commun, voilà une débauche d’amalgames décrivant un terroriste radicalisé libéré par une prétendue justice laxiste ! « Il faut des prisons, des peines plancher, développer la surveillance électronique », surenchérissent les politiciens, de droite comme de gauche. Pourtant, cet événement tragique – qui a eu pour seule mort celle de l’assaillant – est révélateur de bien des maux de notre société. Comment en est-on arrivé là ?

D’où vient la violence ?

Les démagogues ont dégainé comme d’habitude trop vite. L’assaillant était certes croyant. Mais, surtout, il était atteint d’une grave maladie mentale. Que faisait-il donc dans les rues ? Pourquoi n’était-il pas à l’hôpital pour y être soigné ? Tout simplement parce qu’on tue à petit feu les urgences psychiatriques dont le personnel est en sous-effectif, au bord du burn-out – les suicides ne sont pas rares parmi les travailleurs de la psychiatrie. Et ce serait la prison qui nous protégerait de ce genre de personnes avant tout malades ? Qui peut croire qu’on soigne une maladie mentale ainsi ? D’ailleurs, c’est de personnel compétent et en nombre suffisant dont on a besoin pour prévenir de telles situations. Les économies criminelles du gouvernement dans la santé et la prévention de la récidive ont des conséquences dramatiques qui pourraient être évitées. Pour les politiciens, le principal problème serait celui de l’insécurité. Quelle insécurité ? Du côté des violences en général, elle n’a pas vraiment augmenté. Et si le sentiment d’insécurité est bien réel, c’est sur un autre terrain. Avec un million de personnes supplémentaires passées sous le seuil de pauvreté, un chômage qui explose, des licenciements qui se multiplient, une hausse des troubles psychiatriques due au confinement, le contexte est très anxiogène. La violence ne tombe pas du ciel. Bien sûr que l’augmentation de la misère produit des tensions, du désespoir ! D’ailleurs, il est légitime de faire le lien entre les profits record du CAC 40 d’un côté, et la pauvreté grandissante et les personnes livrées à elles-mêmes de l’autre. La preuve ? Alors que huit millions de personnes étaient dépendantes de l’aide alimentaire, entre mars 2020 et mars 2021, les milliardaires français ont vu leur fortune augmenter de 40 %. Mais les politiciens nous proposent la peur pour seul horizon, pour que l’on ne s’attarde pas sur ces profits gigantesques alors même que la population manque du nécessaire !

Combattre l’insécurité… sociale et sanitaire !

On ne combattra pas la violence à coups de caméra de surveillance, de déploiement policier, de lois liberticides et sécuritaires. On ne combattra pas les maladies mentales à coups de matraque ou de peine prolongée. On ne combattra pas la misère en construisant plus de prisons. Alors, c’est vrai, le climat social est lourd. Mais un climat ça se change. Bien sûr par des luttes sociales, mais souvent aussi par de la solidarité entre travailleurs sur les lieux de travail et dans nos quartiers. Et ça commence par ne pas céder aux hurlements sécuritaires des politiciens qui servent les intérêts des grandes entreprises.


Luttes de classes dans la santé : une réunion-discussion samedi 12 juin 14h-16h – centre-ville

Comment expliquer une telle dégradation des conditions de travail ? Qui veut la peau de l’hôpital public ? Comment contourner les difficultés des dernières mobilisations pour faire reconnaître nos droits ? Parce que nous subissons depuis trop longtemps leurs politiques criminelles, il est plus qu’urgent d’échanger et d’élaborer ensemble nos réponses pour déconfiner nos colères et les organiser. Quel que soit ton poste, ton service, ton établissement ou ton statut, des militants du NPA cherchent à regrouper des travailleurs de la santé pour réfléchir ensemble aux possibilités et perspectives pour reprendre possession des conditions de travail à l’hôpital. Il y aura tout d’abord un exposé de 30 minutes sur la casse de l’hôpital public et ses conditions de travail, ainsi que les luttes de la santé depuis 2015, suivi d’un échange entre nous. Pour connaître le lieu, contactez-nous. N’hésitez pas à convier ou à venir avec des collègues, des amis, des connaissances ou de la famille qui seraient intéressés par une telle initiative.


L’austérité publique au profit du privé

160 milliards d’euros par an, c’est le « pognon de dingue » dépensé par le contribuable pour la délégation des missions de service public aux acteurs privés, selon une étude publiée en avril par le collectif Nos Services Publics. Pour plus d’efficacité ? Il faut la foi du charbonnier pour l’affirmer. La campagne de vaccination en France assurée par le cabinet McKinsey a coûté 2 millions d’euros par mois avec les résultats déconcertants qu’on lui connaît. Si quasiment toutes les dimensions du service public sont concernées – système de santé dans son ensemble, distribution de l’eau, transports publics, entretien des locaux, enseignement, prévention de la récidive -, c’est chaque fois la même logique à l’œuvre. D’un côté, l’austérité est imposée. De l’autre, sont délégués aux intérêts privés les secteurs d’activité les plus rentables, une fois les infrastructures financées avec l’argent public. Résultat : la population est privée des services publics, les conditions de travail imposées deviennent toujours plus terribles pour les travailleurs du public comme du privé, et les capitalistes s’enrichissent.


Personnel de la santé de tous les pays, unissons-nous !

Ce samedi 29 mai avaient lieux des rassemblements, manifestations et actions du personnel de la santé dans plusieurs capitales et villes européennes. Car indépendamment du poste, du service, de l’établissement ou du pays, c’est la même logique austéritaire qui touche tous les établissements de santé, au détriment des conditions de soin et de travail. Plus d’embauche, de meilleurs salaires et de matériel étaient revendiqués partout, car c’est partout le même épuisement et la même colère qui s’exprime. Cette journée posait un premier jalon pour établir des liens entre travailleurs de différents services et différents secteurs. Comme l’austérité, la colère des travailleurs n’a pas de frontières.


Vive la révolte en Colombie !

Depuis un mois les Colombiens se révoltent contre la misère, les plans d’austérité et la crise économique aggravée par la pandémie. Plus largement, ils en ont assez de ce régime corrompu lié aux narcotrafiquants. La répression a fait presque une centaine de morts et des centaines de disparus. À Cali, ville de deux millions d’habitants et foyer de l’insurrection, la population s’organise dans des assemblées. À Carthagène, ville touristique mais aussi industrielle, les syndicats s’unissent avec des comités de quartiers. La jeunesse des quartiers populaires affronte l’armée et la police. Il faut briser le silence insupportable qui entoure cette révolte légitime.

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