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CHU Nantes

L’Antidote Anticapitaliste n°11

15 Février 2021

15 février 2021 Brèves d’entreprise

Leurs débats, nos problèmes

Le débat télévisé de jeudi dernier entre Darmanin, ministre de l’Intérieur, et Marine Le Pen, était très révélateur. Bien des choses ont été dites, d’autres ont été tues. Il est sans doute utile d’y revenir, car le ton est donné des temps à venir, entre démagogie raciste et calculs politiciens pour 2022.

De faux ennemis avec des échanges amicaux

Pour Darmanin, il fallait préparer la mise en scène d’un futur duel de second tour de la présidentielle de 2022. Marine Le Pen est l’adversaire idéale de Macron, qui espère apparaître, avec ses sous-fifres comme Darmanin, comme le meilleur barrage contre l’extrême-droite et pour la démocratie des riches dans laquelle nous vivons. De l’autre côté, la présidente du Rassemblement national devait prendre sa revanche du débat raté de 2017, tout en se donnant des airs de candidate sérieuse et responsable. Mais de choc, il y en eut guère. Darmanin et Le Pen ont été fort courtois, se complimentant parfois, se critiquant rarement. Car les points communs entre ces deux-là sont nombreux. Le plus évident est la démagogie raciste contre les musulmans accusés de tous les maux. Le ministre de l’Intérieur a même pu jouer la corde de la radicalité, en qualifiant la représentante de l’extrême-droite de « molle » face à l’Islam. Un beau cadeau qu’elle a vite acceptée : elle est apparue posée, responsable, laissant le valet de Macron déverser sa haine. Elle savait derrière son sourire que l’on préférera toujours l’original à la copie.

De fausses solutions face à nos vrais problèmes

Mais le racisme n’est pas le seul point commun à nos deux politiciens. Il y a le silence assourdissant devant nos problèmes quotidiens. Les commerçants ruinés ? Rien ou très peu. Les licenciements de masse ? Rien, vraiment rien. Les queues pour chercher de l’aide alimentaire ? Rien non plus. Pourtant comment ne pas voir les plus de 6 millions de chômeurs et les 10 millions de pauvres ? Les impayés de loyer explosent au point que les expulsions de mars ont été décalées en juin. Évidemment, Darmanin n’a pas critiqué les centaines de milliards donnés au patronat sans contreparties alors que les services publics comme la santé et l’éducation sont sans moyens et livrés à eux-mêmes. Mais rien non plus du côté de Le Pen, qui se présente pourtant comme la protectrice des français modestes. L’intérêt des travailleurs n’est pas la préoccupation de toute cette caste politicienne au service des capitalistes.

Que révèle cette mise en scène ?

Leur démagogie raciste est utilisée pour ne pas traiter des vrais problèmes des travailleurs et des milieux populaires. Mais ce n’est pas tout : ils font semblant d’agir. Darmanin peut se vanter d’interdire des groupes néo-nazis comme Génération identitaire, prétendant ainsi lutter contre l’extrême droite, tout en réprimant toute contestation de la misère sociale engendrée par Macron et son gouvernement. Mais Le Pen aussi fait semblant. Elle ne dit rien non plus contre ses amis du grand patronat qui pourraient voir en elle une solution face aux politiciens de droite et de gauche discrédités. Alors que les théâtres et les cirques sont fermés, ces deux-là ont voulu nous divertir. Un vrai numéro de clowns avec celui qui pèle les oignons et l’autre qui pleure. Très ennuyant. Au prochain débat entre Marine Darmanin et Gérald Le Pen ce sera sans nous. Et, sans attendre les prochaines élections, cela démange de les faire taire.


Les soignants sud-africains au bord du gouffre

Les décès dus au Covid ont augmenté de 40 % en un mois sur le continent africain, s’alarme l’OMS, un chiffre dû certes à l’apparition de nouveaux variants plus contagieux, mais aussi au manque de moyens et à l’inégale répartition des vaccins à l’échelle du globe. En Afrique du Sud particulièrement, on recense près de 1,5 million de cas Covid, et plus de 45.000 morts. La pénurie de matériel, le manque de blouses, de masques, poussent les soignants à dormir dans les cliniques pour ne pas contaminer leurs familles. En première ligne, les soignants témoignent que chaque semaine, beaucoup d’entre eux sont contaminés. Le président du syndicat d’infirmiers Yintu, Lerato Mthunzi, conteste les chiffres donnés par le gouvernement sur le taux de décès estimé à 18 dans le corps soignant, et déclare que les collègues décédés ne sont même pas remplacés, alors même que des infirmiers sans emploi demeurent au chômage. En cas de crise, la violence de ce système est brutalement mise en lumière. Si le gouvernement Sud-Africain demande la mise en commun du vaccin qui ne profite qu’aux États riches, les soignants eux, exigent également plus de moyens, et des embauches.


Monde d’avant ou d’après, une même direction criminelle

Au service « pneumo » du CHU de Rouen, on suffoque toujours du manque d’effectif, de matériel et d’une cruelle désorganisation. Comme dans tous les services hospitaliers, des mobilisations avaient lieu l’année dernière au CHU de Rouen contre le manque de moyens, l’épuisement des soignants et le manque de temps consacré à chaque patient. S’il y a un an, une grève avait permis d’ouvrir une enquête sur cette situation alarmante au service pneumologie, l’inspection du travail a exigé la semaine dernière que la direction du CHU réponde aux revendications des grévistes car la situation met toujours en danger les patients. Patients comme soignants, notre oxygène ne pourra venir que de notre force collective.


Après la pénurie des masques, des tests et des vaccins, celle des seringues !

Le Japon va jeter des millions de doses de vaccin Pfizer en raison d’une pénurie mondiale de seringues alors que les pays pauvres n’ont toujours pas accès au vaccin. En effet, la majorité des seringues utilisées au Japon ne peuvent prélever que 5 doses sur les 6 disponibles par flacon. Pourtant, le manque de seringues était prévisible et le gâchis monumental de vaccin était donc évitable.


« 4 000 euros par mois, c’est classe moyenne »

Il s’agit d’une affirmation récente de François Bayrou qui est à l’image de cette classe politique complètement déconnectée de la réalité. Selon l’Insee, 50 % de la population vit avec un revenu compris entre 1390 euros et 2568 euros par mois. 30 % se situe en dessous de cette fourchette, et 20 % au-dessus de cette fourchette. Bien loin de la réalité, les politiciens légifèrent et régissent nos vies sans les connaître. Alors même que nos « héros » vivent bien en dessous de cette prétendue classe moyenne avec par exemple nos aides-soignantes qui touchent le Smic... Dégageons ces politicards perchés sur la Lune !


Soignants jetables, la politique du turnover

Le turnover et le recours à l’intérim sont devenus monnaie courante dans les établissements de santé, au Chu comme dans les Ehpad. Les directions en font leur beurre : la déstructuration des équipes empêche les contestations de se former, et permet de réduire les équipes comme bon leur semblent, sans même avoir recours au licenciement. Dans un Ehpad à Nantes, le personnel soignant est réduit à 2 CDI, une poignée de CDD, et tout le reste en intérim. Le nombre d’AS varie d’un jour à l’autre, sans que personne n’ait son mot à dire. Le service de santé fonctionnerait pourtant bien mieux avec des équipes stables, qui connaissent bien les patients, et surtout, qui ne soient pas sur un siège éjectable. Le but de cette politique n’est pas d’offrir le meilleur service de santé, mais de discipliner la force de travail. Résultat, les soignants précaires viennent travailler la boule au ventre. Mais comment contester cette gestion inhumaine sans craindre qu’au moindre mouvement les collègues ne soient black listés par la direction ? Rien n’est simple, mais il n’y aura qu’un mouvement d’ensemble, CDI, CDD et intérimaires, pour faire plier cette logique marchande de la santé. Tissons des liens entre nous dès aujourd’hui, car ils seront notre force pour gagner demain.

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