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CHU Nantes

L’Antidote Anticapitaliste n°1

8 novembre 2020 Brèves d’entreprise

Confinement, acte 2 !

Nous y sommes ! Pris de plein fouet par la deuxième vague de l’épidémie. Le Président et son gouvernement ont annoncé avoir été pris par « surprise ». Vraiment ? Au-delà du théâtre gouvernemental, le risque d’une deuxième vague était bel et bien dans les esprits et de nombreux professionnels de santé ont alerté les dirigeants et la population sur ce possible retour en force du virus. Sont-ils incompétents ? Très certainement. Ont-ils perdu le cap ? Pas si sûr…

Le gouvernement à la recherche d’un cap ?

La deuxième vague va probablement dépasser celle du printemps. Les lits de réanimation sont en passe d’être saturés. Les soignants revivent donc le même cauchemar : le manque de personnel et l’absence de recrutements ; le manque de respirateurs, pas assez de sur-blouses, de couvre-lits, de gants et de charlottes ; un manque criant de lits de réanimation ; quasiment aucune formation pour les volontaires prêts à venir aider les soignants faute de temps et de personnel pour les former car pris au dépourvus ; etc. S’ajoute à cela l’absence de politique européenne de la santé : aucun transfert de malades vers des pays moins touchés, aucun soutien logistique des nations disposant de stock de fournitures médicales, et ce n’est pas les quelques patients français envoyés en Allemagne qui changeront quelque chose à l’histoire : rien n’a été fait pour préparer ce qui était pourtant prévu par tous les professionnels sérieux !

Le cap a toujours été le profit des capitalistes !

Métro, boulot, dodo : tel était l’apanage qui revenait à l’esprit de toutes celles et tous ceux qui ont écouté Macron lors de son allocution. Rien de plus vrai ! Aller à l’école, travailler, consommer sur Internet, et rester chez vous, alors même que la majorité des contaminations ont lieu au boulot, dans les transports, au lycée, etc. En bref, c’est un confinement des plaisirs et des liens humains. C’est le cap choisi par le gouvernement : garantir le taux de profit des grandes entreprises. Sinon comment comprendre l’ouverture de certaines grandes enseignes et la fermeture des petits commerces ? En réalité, ces laquais ministériels cirent les pompes d’Amazon mais méprisent celles des libraires. Et comment comprendre le maintien des établissements scolaires ouverts ? Sans pour autant dédoubler les classes surcharger car cela coûterait trop cher d’embaucher des profs ! Le MEDEF a besoin d’une garderie pour faire en sorte que les gens aillent bosser. Comment imaginer qu’en 15 ans, au total, ce sont 68 170 lits qui ont été supprimés ? L’hôpital public coûte cher pour des gens qui voient tout à l’aune de la rentabilité.

Ne confinons pas nos colères !

Si le système de santé craque, ce n’est pas la faute du virus. Il s’agit d’une politique consciente, vouée au Dieu pognon, que nous devons combattre. Pour l’anecdote, les 45 collègues de la Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) salariés de l’hôpital public de Ville Evrard (93) sont mobilisés pour revendiquer la même augmentation de salaire que les collègues des autres services de l’hôpital. Ils ont manifesté et ont tous demandé une mutation dans un autre service pour dénoncer l’absurdité de cette exclusion et reçu des soutiens par pétition. Plus généralement, les yeux du public et des médias sont rivés sur les soignants. On ne peut pas présager de la force de résistance qu’ils peuvent être. Ils sont si essentiels et pourtant si méprisés, combien de soutiens pourraient-ils agréger si le personnel soignant se mettait en lutte ? Rendons visible cette colère, car il y en a, et toutes les luttes du secteur de la santé de cette année 2020 le prouve. Le secteur de l’éducation, de façon très parcellaire et localisée, s’est récemment mis dans la bataille face au gouvernement, en raison de l’absurdité du nouveau protocole sanitaire et de l’hommage bafoué de Samuel Patty. Le personnel éducatif en lutte a même fait reculer le gouvernement qui, par crainte d’une contagion de la colère, a autorisé l’organisation de cours en distanciel pour les élèves du lycée. Et si toutes ces colères, communes à la santé et à l’éducation, se coordonnaient pour rompre l’isolement et l’abattement qui ne profitent qu’au gouvernement ?


Le temps de refuser d’accepter

Depuis plusieurs semaines, les Etudiants en Soins Infirmiers (ESI) de différentes villes se mobilisent pour refuser de jouer les armées de réserve à bas coûts en dépit de leur formation et de leurs stages. Les IFSI de l’AP-HP ont ainsi réussi début octobre à imposer à leur direction d’être indemnisés à hauteur de 1190 euros pour 5 semaines, au lieu des 80 centimes de l’heure initialement prévus. Dans la même vague de mécontentement, les étudiants de Nantes ont occupé leurs locaux jeudi 22 octobre et continuent de négocier avec leurs directions pour que leur réquisition ne se fasse pas au mépris de leur formation et de salaires décents. Forts de leur première expérience, ils ne laisseront pas passer la deuxième vague sans faire de vagues. Les liens entre les différentes IFSI de l’hexagone se tissent progressivement pour que la colère succède à la sidération des réquisitions. C’est une réponse d’ensemble des ESI, coordonnée à la base, qui permettra de transformer l’isolement des colères en déferlement contre le pouvoir


Manifestations pour les libertés et… la santé !

Dans quelques villes se sont tenues des manifestations pacifiques, qui tout en respectant les mesures sanitaires, ont tenu à dénoncer la casse des services de Santé et les atteintes aux libertés démocratiques. C’est à Toulouse que le succès fut le plus éclatant avec près de 3000 manifestants. Syndicats et organisations politiques ont exprimé un sentiment sans doute largement partagé : les mesures de confinement ne doivent pas empiéter sur nos droits et la santé mérite autre chose que des promesses. Un exemple à suivre.


Bas les masques du « pessimisme »

Dans une interview à Libé du 4 novembre, le directeur de l’ARS d’Ile de France, Aurélien Rousseau, expliquait avoir été « trop pessimiste » sur les projections du nombre de patients en réanimation. À la suite des projections alarmantes, 60% à 80% des interventions en bloc opératoire ont été déprogrammées en raison de la saturation des services de réanimation occupés par « les Covid ». C’est sans compter tous les malades renonçant d’eux-mêmes à se faire opérer en pleine crise sanitaire. Cet énarque en tire-t-il la conclusion logique d’augmenter de toute urgence les capacités hospitalières ? Pas du tout ! « Il faut libérer au plus vite 1775 places de réanimation », lisez : continuer cette politique de déprogrammation. À ce compte-là, ce n’est pas du « pessimisme » mais du cynisme et du mépris pour nos vies.


Nouvelles attaques contre les congés

Le 29 octobre, le gouvernement publiait un décret au Journal Officiel qui donnait le droit aux directions et aux cadres de la santé de supprimer les congés et les RTT d’ici la fin de l’année, sans laisser le choix aux salariés. Et pour ceux qui verront -ou ont déjà vu- leurs congés supprimés, ces suppressions ne seront pas automatiquement compensées par des indemnités ! Durant toute l’année, des agents de la fonction publique n’auront pu bénéficier de leurs congés et auront dû enchaîner des heures supplémentaires, mais ne seront indemnisés qu’au cas par cas. Le manque de personnel dans les hôpitaux et la volonté du gouvernement de ne pas embaucher dans la santé font que la situation n’a pas changé depuis le printemps ; elle est même pire en raison de la fatigue accumulée. La seule « solution » envisagée est, une fois de plus, d’accabler les agents qui devront faire les frais de la pénurie. Seule une explosion de la colère, qui continue de s’accumuler, pourra inverser le cours des choses et imposer les dizaines de milliers d’embauches immédiates nécessaires aux hôpitaux.


Des vies méprisées qu’on n’oubliera pas

Dans la rubrique des choix révoltants de la crise sanitaire, une étude de l’Ecole de médecine du Maryland sur le premier confinement révélait fin octobre que les populations schizophrènes faisaient partie des premières victimes du Covid. Ayant plus de risques d’être affectés par des formes sévères du virus, elles ont aussi moins de chances d’être admises en unités de soins intensifs que les autres, et risquent davantage de décéder du Covid (jusqu’à 25% de risques de plus que les autres patients). En cause, un tri intolérable entre les patients ayant des difficultés respiratoires, et le manque de moyens alloués aux soins. L’étude montre que cette situation pourrait être évitée pour cette population vulnérable si étaient renforcés les moyens à tous les niveaux de la prise en charge des patients atteints du Covid. Ce sera à nous de nous débarrasser les responsables de ce tri inhumain !


De la carte vitale … à la carte bleue

Le gouvernement prévoit depuis début octobre de faire payer toute visite aux urgences 18 euros si elle n’est pas suivie d’une hospitalisation. Une pénalité pour « faire respecter le parcours de soin », dit-il en faisant mine d’oublier les déserts médicaux dans les campagnes et quartiers populaires, et le fait que la consultation chez un généraliste nécessite souvent d’avancer les 23 euros… En pleine crise sanitaire, le président des très riches s’attaque à nouveau aux plus pauvres."

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