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DOSSIER : Dix ans apès la catastrophe d’AZF, la sécurité en question dans l’industrie chimique

Dix ans après la catastrophe d’AZF, la sécurité toujours en question dans l’industrie chimique

Mis en ligne le 24 novembre 2011 Convergences Entreprises

Avec la catastrophe nucléaire de Fukushima et, dix ans après l’explosion de l’usine AZF de Toulouse, l’ouverture du procès AZF en appel en novembre 2011, le problème de la sécurité industrielle est à nouveau d’actualité [1]. Des catastrophes qui nous rappellent l’existence sous le capitalisme d’industries très dangereuses – pour ceux qui y travaillent, mais aussi pour les riverains – à commencer par l’industrie chimique.

Fin 2009, il y avait en France 1 163 sites classés Seveso. Autant de bombes à retardement ? Les accidents ne sont pas dus au hasard, ne tiennent pas seulement à la nature de la production en question, mais se produisent sous un ensemble de conditions particulières, lesquelles apparaissent le plus souvent à cause de la pression à la productivité et des diverses économies réalisées par l’entreprise.

Derrière la vitrine high-tech et écolo que voudraient présenter aujourd’hui les entreprises de la Chimie, on trouve une réalité plus prosaïque. Le quotidien de ces usines est aussi celui de bien d’autres : le sous-effectif, la production sur la corde raide, le moderne côtoyant l’ancien dans un mélange parfois absurde… et dangereux. Le quotidien se vivant avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, celle de l’accident. Parfois redoutable, c’est aussi grâce aux initiatives des ouvriers qu’il est le plus souvent sans gravité. Mais ce risque représente une pression supplémentaire sur le dos des travailleurs. De ce point de vue, c’est un des visages que prend l’exploitation.

Les accidents spectaculaires [2] et l’image de pollueur ont donné aux grandes entreprises du secteur (Total, Solvay, Rhodia, Arkema, etc.) une réputation sulfureuse, c’est le cas de le dire. Pour la corriger, elles sont devenues les reines de la communication, au point qu’elles arriveraient presque à se faire passer pour des fabricants d’éoliennes et à faire croire que leurs salariés se contentent de gérer la production depuis des salles de contrôle éloignées des réacteurs. Mais elles ne s’arrêtent pas là. Elles sont passées maîtres dans l’art de se décharger de leurs responsabilités. D’abord sur leurs salariés, en leur faisant porter le chapeau à chaque problème. Ces entreprises utilisent aussi à fond le filon de la sous-traitance, qui permet flexibilité, réduction de coûts et… déresponsabilisation.

Les méthodes employées ne sont pas fondamentalement différentes de celle d’autres secteurs industriels. Le degré de gravité des accidents peut varier, et cela peut être vécu différemment. Mais, au fond, le problème est bien de savoir qui des travailleurs ou des patrons font la loi dans les entreprises. Et d’exiger, entre autres, que les salariés et les riverains, les plus directement concernés, puissent faire appel aux expertises en temps voulu, et aux experts de leur choix… De ce point de vue, le rapport de force que les travailleurs engagent avec le patron est déterminant. Et les raisons ne manquent pas ! Parmi celles-ci, il y a parfois le fait de sauver sa peau.

5 novembre 2011


[1Voir le dossier d’avril 2011 « Le nucléaire en question »dans Convergences révolutionnaires n° 75.

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Numéro 78, novembre-décembre 2011