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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 78, novembre-décembre 2011

Des romans égyptiens

Mis en ligne le 24 novembre 2011 Convergences Culture


L’autre pays

Ibrahim Abdel-Méguid

Traduction publiée en 1994 (1991 pour la version originale) aux Éditions Actes Sud


Cet « autre pays », c’est l’Arabie Saoudite, où les travailleurs venus d’Égypte, du Yémen, de Palestine, du Pakistan ou d’ailleurs immigrent à la recherche d’un travail plus rémunérateur que chez eux. Professeur d’anglais en Égypte, le personnage principal est allé y chercher un emploi de bureau dans une société, emploi moins qualifié mais mieux payé.

Il retrouve toute la hiérarchie sociale de ce prétendu eldorado de l’immigration : au sommet, les directeurs ou employés saoudiens, aux côtés des hommes d’affaires américains qui vivent dans les ghettos de villas réservées ; au plus bas de l’échelle, les Pakistanais, « presque tous les ouvriers de l’entretien sont de là-bas ». Et il découvre tous les aspects de la vie de l’immigration au royaume du pétrole : la flagellation, souvent symbolique, « juste à coups de bambou » lui explique son ami, sauf les vraies séances dont on amène les victimes à l’hôpital « complètement écorchées »  ; le médecin égyptien condamné à la suite d’un avortement ; l’ouvrier cambodgien expulsé pour avoir fabriqué de l’alcool ; la mère célibataire bannie à tout jamais du royaume après avoir passé un an en prison, le temps d’allaiter son bébé, mais expulsée sans celui-ci car, supposé de père saoudien, il serait propriété de l’Arabie Saoudite… Et d’autres personnages sur lesquels pèsent l’injustice, l’arbitraire policier et le poids des lois de la religion.


Du même auteur :


La maison aux jasmins

Traduction publiée en 2000 aux Éditions Actes Sud


La maison aux jasmins est une vision de l’Égypte des années 1970, racontée avec humour à travers la vie de Chagara, employé d’une société de construction navale d’Alexandrie.

Le voilà chargé par la direction de l’entreprise, à l’occasion de la visite de Nixon à Sadate, du premier mai ou de diverses autres cérémonies, de conduire les ouvriers du chantier naval en bus jusqu’au Caire pour fournir la claque populaire au président égyptien et à ses invités de marque. Mais qui, dans la foule ramenée ainsi de partout, verra qu’il manque quelques centaines d’ouvriers d’Alexandrie ? Chagara les libère pour la journée, gardant en échange pour lui et les chauffeurs de bus la moitié de la prime de déplacement. Ce n’est pas le directeur du chantier qui est en mesure de le lui reprocher, lui qui trempe, comme tous ceux de son monde, dans une escroquerie d’une tout autre ampleur. Arrangeant pour tous, Chagara finit par être bombardé délégué du syndicat unique pro-gouvernemental. Une tâche fort peu à son goût.



Les années de Zeth

Sonallah Ibrahim

Traduction publiée en 1993 aux Éditions Actes Sud


Toute une période de l’histoire récente de l’Égypte, passant du nationalisme nassérien à l’ouverture économique aux capitaux étrangers entamée par Sadate, pour arriver à l’ère Moubarak.

Quand Zeth, l’héroïne, rêve, elle revoit Nasser, l’époque des constructions de logements par l’État, le nouveau confort « mis à la portée de tous : le chauffe-eau, la cuisinière fabriquée dans les usines de l’armée, et le réfrigérateur idéal ». Son mari, lui, rêverait plutôt de Sadate, de trouver un poste en Arabie Saoudite ou dans un émirat du Golfe qui lui assurerait la fortune… qu’il n’aura jamais.

Et le roman autour de la vie de ce couple, de leurs voisins ou collègues, est ponctué de textes d’actualités ou extraits de presse. Interview du ministre de la Défense égyptien : « Une des conséquences de la guerre d’octobre [guerre contre Israël d’octobre 1973] est que notre fournisseur principal d’armement est désormais le même que celui d’Israël ». Interview d’une femme d’affaires (plus tard exilée pour fuir un procès pour fraude) : « Ma réussite éclair en Égypte a été possible grâce à l’État qui exempte d’impôts tous les investisseurs pour cinq à dix ans ». Informations : « US-AID a exporté en Égypte du Prophil, un insecticide interdit aux États-Unis, qui a provoqué la mort de plusieurs paysans égyptiens et de leur bétail » (Herald Tribune). Publicité : « Dieu-le-Très-Grand dit vrai. Investissement et placements de fonds El Hoda Égypte. » Par petites touches une vision riche et vivante de l’Égypte de Sadate et Moubarak.


Du même auteur :


Charaf ou l’honneur

Traduction publiée en 1999 aux Éditions Actes Sud


Le monde impitoyable des prisons égyptiennes à l’époque de Moubarak, vu par un jeune chômeur injustement incarcéré. Il y retrouve des paumés comme lui, des malfrats ou un pharmacien copte trop honnête pour le trust qui l’employait.



Taxi

Khaled Al Khamissi

Traduction publiée en 2007 aux Éditions Actes Sud


De courts portraits et tranches de vie, les difficultés de logement, les hausses de prix, la dégradation de l’école publique dans l’Égypte des années 2005-2006, au travers des discussions avec les chauffeurs de taxi, dans les interminables embouteillages du Caire.

Olivier BELIN

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