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DOSSIER : Dix ans apès la catastrophe d’AZF, la sécurité en question dans l’industrie chimique

Du côté de Feyzin : Raz(es) le bol !

Mis en ligne le 24 novembre 2011 Convergences Société

À Feyzin dans le Rhône, une zone recoupant essentiellement le quartier des Razes est soumise à un projet de PPRT (Plan de Prévention des Risques Technologiques), prescrit en 2009 et qui sera appliqué d’ici la fin de l’année. Le quartier des Razes, le plus populaire de la commune, n’est en effet séparé de la raffinerie Total que par l’autoroute et côtoie un autre site classé Seveso : Rhône Gaz.

Qui paie le plan de prévention ?

Dans le cadre du plan de prévention, six maisons, trop proches de Rhône Gaz, vont être expropriées, paraît-il sans dévalorisation. Les habitants de 500 autres domiciles vont être obligés de faire des travaux de protection de leurs habitations... en majorité à leurs frais ! Selon les maisons, le coût des travaux à réaliser (pose de fenêtres à triple vitrage et triple ancrage, construction d’une pièce de confinement, etc.) varie entre 5 000 et 30 000 euros. L’État avait promis de mettre la main à la poche, par le truchement de crédits d’impôt, un moyen qui n’est d’ailleurs pas très égalitaire. Austérité oblige, par l’intermédiaire de la loi de finances, il a largement revu à la baisse sa participation. Désormais, « l’aide » sera au maximum de 3 000 euros. Une chasse aux niches fiscales qui tourne au racket d’un milieu très populaire. Et Total dans tout cela ? Le groupe, qui bat tous les records de profits (10 milliards d’euros de bénéfices en 2010), ne déboursera pas un centime en plus de sa cotisation foncière habituelle.

La colère des habitants

C’est en octobre dernier, lors d’une réunion d’information sur la carte du Plan de prévention, que les 260 habitants alors présents ont pris connaissance de ces mesures. Certains ont à juste titre exprimé leur colère de devoir payer à la place de Total. Les anciens se souviennent de l’explosion de 1966. Ils se souviennent aussi qu’en 1964 on leur avait présenté l’installation de la raffinerie comme étant « sans risques ». Et tout le monde a eu une frayeur lors d’un incendie récent sur le site. Rien qui incite à avoir une grande confiance dans l’entreprise. On savait déjà que Total nous rançonnait à la pompe. On sait maintenant que le groupe pratique aussi le chantage à la sécurité.

Ce problème n’est pas spécifique à Feyzin. Il se pose aussi pour les habitants du reste du Couloir de la Chimie (Rhône), ou autour de l’Étang de Berre (Bouches-du-Rhône) par exemple. À Pierre-Bénite (Rhône), parmi les habitants concernés, des retraités de l’usine Arkema. Celle-là même qui est à l’origine du PPRT sur cette commune. Même en retraite, le patron d’Arkema ne vous lâche pas !

La loi Bachelot était censée tirer les leçons d’AZF. Faire payer les habitants pour épargner les entreprises qui sont responsables de cette insécurité, voilà une leçon de lutte de classes à l’encontre des travailleurs et des milieux populaires.

A. H.

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Numéro 78, novembre-décembre 2011

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