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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 132, septembre-octobre 2020

5G : des profits à très haut débit

Mis en ligne le 4 octobre 2020 Convergences Sciences

Le gouvernement ouvre les enchères pour les nouvelles fréquences dédiées à la 5G. La Chine et les États-Unis ont déjà une longueur d’avance, et les capitalistes français ont bien l’intention de ne pas se laisser distancer dans la course aux profits. Cela sans jamais poser la question ni de l’intérêt pour la société, ni de l’impact environnemental et sanitaire.

L’objectif de la 5G est d’offrir du très haut débit. Ses défenseurs évoquent d’autres usages que l’Internet mobile, comme l’Internet des objets, les villes intelligentes ou la voiture autonome, mais passent sous silence les difficultés techniques liées à ces projets.

Des économies d’énergie… sur le papier

Au-delà d’un intérêt qui reste à démontrer, se pose la question de l’impact écologique de ce déploiement. Tout d’abord, dans la société capitaliste, l’objectif d’une nouvelle technique n’est pas d’économiser du travail humain pour répondre aux mêmes besoins, mais d’ouvrir de nouveaux marchés, quitte à induire de nouveaux besoins. La 5G n’échappe pas à la règle : elle ne sera rentable que si le trafic Internet mobile augmente considérablement, à tel point que cela compenserait largement les économies d’énergie générées par les innovations techniques. C’est ce que les écologistes appellent l’effet rebond, même s’ils imputent à la technologie elle-même ce qui est en fait une conséquence du fonctionnement du capitalisme.

À cela s’ajoute le coût de production des nouvelles infrastructures, point aveugle de toutes les évaluations des impacts environnementaux, à la fois en termes d’énergie et de matériaux. Comme les technologies sont plus complexes, il faut plus de métaux, notamment rares, qui sont difficiles à recycler et pourraient venir à manquer, sans même parler des catastrophes écologiques, sanitaires et humaines que leur extraction peut engendrer. 

Une innocuité non démontrée qui alimente les théories complotistes

En avril, durant le confinement, des dizaines d’antennes relais ont été attaquées et incendiées à travers l’Europe. Derrière ces actions, des internautes qui propagent l’idée que d’une manière ou d’une autre, le déploiement de la 5G est responsable du coronavirus. Derrière ces théories farfelues, antiscientifiques et dangereuses, se trouve une méfiance profonde envers le discours scientifique. Mais comment ne pas douter de la parole gouvernementale quand le président et les ministres, qui n’y connaissent visiblement rien, mentent comme des arracheurs de dents à longueur de journée pour défendre les intérêts patronaux ?

Ainsi, Cédric O, secrétaire d’État chargé du Numérique, expliquait par exemple le 21 septembre sur Public Sénat : « Il y a eu 28 000 études depuis 1950 dans le monde, il n’a jamais été avéré qu’il y avait des effets sanitaires des ondes téléphoniques en dessous des seuils minimum d’exposition. »  Sauf qu’une très grosse majorité de ces études ne portaient pas sur les ondes radio utilisées en téléphonie – seulement 4 600 d’entre elles, et aucune ne permet conclure sur la dangerosité des ondes millimétriques utilisées dans la 5G, jamais utilisées en téléphonie jusque-là. On voit à quel point le secrétaire d’État maîtrise le sujet !

Protectionnisme tous azimuts

Officiellement, les mesures protectionnistes visent à empêcher le pouvoir chinois d’utiliser les équipements de Huawei pour espionner les télécommunications occidentales et manipuler les données personnelles des citoyens. Pourtant, les grandes oreilles américaines de la NSA le font couramment et depuis des années sans que les frontières n’aient jamais été fermées aux produits américains…

C’est que Huawei a pris de l’avance, notamment grâce aux aides massives de Pékin lui ayant permis de déployer des centaines de milliers de stations 5G sur le territoire chinois. Les firmes européennes et américaines voient d’un très mauvais œil cette concurrence potentielle, alors que les marchés liés à la 5G s’ouvrent. Les équipementiers des télécommunications s’abritent donc derrière leurs États afin de protéger leurs marchés et de garantir leurs profits à venir.

Quant aux vendeurs de produits high-tech, ils se frottent les mains en songeant aux bénéfices qu’ils réaliseront grâce aux objets connectés en 5G… et aux sept milliards d’euros que le gouvernement a réservés à la filière numérique dans le plan de relance. Il n’y a pas qu’en Chine que les capitalistes sont sous perfusion d’argent public !

Pour plus de détails, se reporter à nos trois articles en ligne sur le sujet : Comptes et mécomptes d’une nouvelle technologieProtectionnisme tous azimutsLa 5G est-elle dangereuse ? Le gouvernement fonce sans rien savoir.

23 septembre 2020, Barnabé Avelin, Martin Castillan & Vadim Luciano

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Numéro 132, septembre-octobre 2020

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