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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 28, juillet-août 2003

Tribune

Un goût amer

Mis en ligne le 11 juillet 2003 Convergences Politique

Ci-dessous une tribune libre envoyé à Convergences révolutionnaires par un camarade membre de la Gauche communiste, courant du PCF qui se veut « Regroupement politique pour la construction d’un parti communiste, démocratique et révolutionnaire ». Rappelons que nous ouvrons nos colonnes à nos lecteurs comme aux membres d’autres organisations ou courants d’extrême gauche, en leur demandant simplement dans l’expression de leur opinion de respecter des limitations qui nous sont imposées par une pagination elle-même limitée.


Des atermoiements coupables

La profondeur, le sérieux, la combativité du mouvement social, à l’heure où ce dernier marque une pause, laissent aujourd’hui un goût d’autant plus amer, aux centaines de milliers de grévistes, aux millions de participants à la succession de journées d’action ainsi qu’à tous ceux qui, impatiemment, attendaient l’extension du mouvement.

A la veille de la grande manifestation nationale de juin, Bernard Thibault et Marc Blondel étaient les invités de l’émission « le téléphone sonne » sur les ondes de France Inter. Premier auditeur, première question : « Compte tenu de l’ampleur de l’attaque, du mouvement, du nombre croissant de participants et du courant de sympathie dans l’opinion, ne pensez vous pas qu’il est temps d’appeler à la grève générale ? » Bref silence et Marc Blondel monte au créneau  : « je voudrais préciser à cet auditeur qu’on ne manie pas la grève générale à le légère…en effet, le grève générale créé une situation insurrectionnelle. » Quand bien même ce point de vue (qui vaudrait tout de même discussion) serait juste, en quoi les travailleurs mobilisés devaient être considérés comme mineurs et irresponsables de leurs actes à ce moment précis ? Est-ce en raison, d’autre part, de cette argumentation que la direction de FO a mis si longtemps à formuler son « appel », seule et sans doute trop tard ?

De son côté, ignorant elle aussi l’exigence montante des grévistes et manifestants, la direction de la CGT, faisait valoir un autre argumentaire, sorte de fusée à deux étages : « la grève générale ne se décrète pas et…le mouvement n’est pas mûr, notamment dans le privé. ».

Ce cour de sémantique entre « appel » ou « décret », inutile et méprisant, cachait mal les vraies « hésitations » de la CGT sur la question des retraites, « hésitations » dont Le Duigou (au congrès de Montpellier) et Cohen (à l’EDF) nous avaient déjà donné un funeste avant-goût. La faute à la CES ?

Triste panorama syndical qui voit un syndicat s’empresser de signer les accords, un autre qui se refuse à « décréter » quand le dernier se résout à « appeler », seul, lorsque le mouvement donne les premiers signes d’une juste lassitude.

La nécessaire unité

La classe ouvrière vient une nouvelle fois, si besoin en était, de faire la preuve, non seulement de son existence, mais aussi et surtout de son extraordinaire vitalité. Elle a montré qu’elle était tout à fait clairvoyante dans l’orientation à donner à son mouvement, où étaient les objectifs et les moyens à mettre en œuvre. Ce mouvement et la façon dont l’ont « géré » les appareils ne manquera pas de laisser des profondes traces dans le remodelage du paysage syndical tel que le veulent les travailleurs.

A la Gauche communiste (sud) nous considérons que le mouvement, à cette étape, a déjà démontré la nécessité majeure de l’existence de syndicats à la fois puissants et par dessus tout, indépendants ! Des syndicats qui ne fuient pas leurs responsabilités mais s’engagent résolument dans la défense infaillible des intérêts des travailleurs.

Pour autant, sachant qu’il y a un fil rouge indéniable entre ce mouvement et les résultats électoraux tout à fait significatifs enregistrés au premier tour des présidentielles de 2002, nous n’ignorons pas l’immense et néanmoins nécessaire travail de rassemblement des forces révolutionnaires qu’impose la situation.

Face aux attaques d’un capitalisme en crise, s’attaquer aux divisions qui minent la gauche révolutionnaire et offrir une réponse politique au mouvement social et s’atteler dans l’action à la construction d’un vrai parti des travailleurs, relève désormais de la plus urgente des tâches politiques.

François CHARLES

Gauche Communiste (Sud)

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Numéro 28, juillet-août 2003

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