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DOSSIER : Avril, mai, juin 2003. Renouveau des luttes, début de la contre-offensive des salariés

Seine-Saint-Denis (93) : A l’origine du mouvement

Mis en ligne le 11 juillet 2003 Convergences Politique

En région parisienne, la grève a démarré à Saint-Denis. Depuis le mouvement de 1998 où les profs de Seine-Saint-Denis avaient obtenu 3 000 postes supplémentaires, des liens durables s’étaient créés entre les plus militants. Nous avions commencé à nous revoir entre enseignants des 8 collèges de la ville à l’occasion de la baisse drastique du fond social collégien (qui finance les voyages) et du fond social cantine. Tout est parti le 18 mars, nouvelle journée d’action nationale sur la décentralisation, avec l’idée de se laisser une grosse semaine pour prendre la température de différents établissements, par des visites à l’heure du déjeuner, et démarrer une grève reconductible à partir du 27 mars, car nous en avions tous assez des journées sans lendemain. En continuant ce système de démarchage dans les villes voisines, le mouvement s’est peu à peu étendu à l’ensemble du département, lentement mais sûrement. A la rentrée des vacances, le 22 avril, un peu plus d’une vingtaine d’établissements du secondaire étaient touchés par la grève.

C’est surtout à partir du 6 puis du 13 mai que celle-ci a pris toute son ampleur, l’attaque sur les retraites ayant mis davantage de monde en colère et le primaire étant entré dans la danse. D’emblée nous nous étions structurés sous la forme d’assemblée générale des établissements en lutte de Seine-Saint-Denis. Tous les militants de la grève pouvaient y trouver leur place, s’y exprimer et participer aux décisions. Les représentants des syndicats étaient présents et prenaient la parole comme chacun d’entre nous.

La pression des bahuts en lutte

La grève étendue aux autres départements, au niveau de l’Ile-de-France, des assemblées fonctionnant sur le même modèle avaient lieu après chaque manifestation à Paris. Rassemblant des centaines de personnes, déterminées, ces réunions ont mis une sacrée pression aux syndicats. La FSU, après avoir mis plus de trois semaines à appeler clairement à la grève reconductible, a dû se calquer sur nos mots d’ordre : retrait total du projet de décentralisation et du plan Fillon, maintien des postes d’étudiants-surveillants, refus du nouveau statut d’assistant d’éducation et titularisation de tous les précaires.

Et nous avons impulsé la mise en place de la coordination nationale qui a permis d’échanger des informations entre les différentes régions touchées par la grève et de prendre des décisions qui ont poussé le mouvement en avant.

Les militants d’extrême gauche ont joué un rôle important dans le déclenchement et l’extension de cette grève. Mais rapidement de nombreux autres enseignants sont devenus eux aussi des militants du mouvement, prêts à sillonner le département pour aller répandre la grève reconductible dans d’autres établissements. Très peu ont en réalité opposé la revendication de la décentralisation à celle des retraites, comprenant que c’était ce qui pouvait permettre l’extension à d’autres secteurs. L’interprofessionnel a démarré par des réunions de parents, auxquels nous expliquions notre inquiétude par rapport à la décentralisation et qui embrayaient eux-mêmes sur les retraites, en tant que salariés ! Nous sommes allés voir les postiers ou les dépôts de bus en lutte sur nos villes respectives, venant à la rescousse face à l’intervention des CRS, comme à Saint-Denis ou à Aubervilliers. Et bien d’autres secteurs. Des liens se sont noués, nous les invitions à nos assemblées et réciproquement.

Les profs se battaient contre la décentralisation alors qu’ils n’étaient pas eux-mêmes « décentralisables » et ils ont souvent ressenti comme une injure le calcul du gouvernement de renoncer à décentraliser les assistantes sociales, les médecins scolaires et les conseillers d’orientation, pensant que les enseignants allaient laisser tomber les « tos » (techniciens et ouvriers) ce qui s’est traduit pour un nouveau slogan : « Un pour TOS, TOS pour un » ! Pour la première fois de leur vie, des enseignants sont allés voir d’autres secteurs, SNCF, RATP, La Poste ! Bien des barrières sociales ont volé en éclat au cours de ce mouvement, ce qui laissera des traces. Le gouvernement n’a pas fini de nous trouver sur son chemin !

Lydie GRIMAL

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Numéro 28, juillet-août 2003