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DOSSIER : Avril, mai, juin 2003. Renouveau des luttes, début de la contre-offensive des salariés

A La Poste, aussi…

Mis en ligne le 11 juillet 2003 Convergences Entreprises

De mémoire de militant, la journée du 13 mai 2003 a enregistré le plus gros score de grévistes à La Poste (plus de 50 % sur toute la France) depuis la grève des postiers… de 1974. Ces dernières années, les innombrables luttes qui se sont égrenées sont restées locales, laissant beaucoup de postiers sur leur faim, malgré une possibilité évidente de généralisation de la grève à tous les postiers en janvier 2000.

Dès lors, la direction de La Poste a mis les bouchées doubles : blocage des salaires, contractualisation, réorganisation des services, augmentation de la charge de travail, suppression programmée de la moitié au moins des centres de tri, de milliers d’emplois de facteurs dans les bureaux de distribution (un millier à terme sur les 20 arrondissements de Paris par exemple).

Dès les premières journées d’action sur les retraites la combativité des postiers semblait être sur une pente ascendante. La participation à la manifestation du 26 novembre fut une des plus importantes depuis 1995. La grève des facteurs parisiens, fin avril, allait renforcer cette impression.


Postiers parisiens : le poids d’une grève qui tourne court

Dès le mois d’avril, les postiers de toute la distribution parisienne étaient appelés à se mobiliser contre les projets de restructuration et de diminution des effectifs qui touchaient d’abord le bureau de poste du 6e arrondissement. Cette initiative de la CGT, suivie par les autres syndicats Sud, CFDT, FO, a mis du baume au coeur des postiers parisiens, enfin appelés à réagir ensemble.

Il y avait pourtant une ombre au tableau : il n’était pas question pour les syndicats d’appeler les centres de tri, touchés eux aussi à terme par des suppressions de postes mais qui avaient déjà leurs journées de protestation programmées pour le 13 et le 26 mai…

Le lundi 28 avril, 50 % des facteurs des vingts arrondissements étaient en grève et un millier d’entre eux se sont rassemblés à Paris 6. L’ambiance était survoltée. Un nouveau rendez-vous commun est fixé pour le lendemain avec l’objectif de rallier les collègues à la grève et être encore plus nombreux en manifestation.

Le lendemain nous étions moins nombreux en grève (30 %), mais plus de mille à partir en manifestation. Malheureusement au terme de celle-ci ni les responsables syndicaux, ni les militants révolutionnaires qui avaient acquis un ascendant certain dans ce mouvement, n’ont voulu ou su proposer de perspective pour le lendemain. Le chiffre de grévistes en baisse n’excluait pas la possibilité de mener une action commune à tous les bureaux de poste le lendemain, ni de laisser la décision aux grévistes encore nombreux et déterminés, de la suite à donner au mouvement. Au lieu de quoi, la seule proposition fut de participer à la manifestation du 1er mai et à la grève du 13 mai, 2 semaines plus tard, contre la réforme des retraites : une manière évidente d’enrayer la poursuite d’un mouvement qui n’était pas mort. Preuve : le lendemain les facteurs parisiens étaient encore en grève à 20 % et, en dépit de l’absence de toute consigne centrale, se sont tout de mêmes retrouvés à 250 à Paris 6.

Contre la réforme Fillon, seules des petites minorités

En dépit de la déception des grévistes du mouvement d’avril les postiers parisiens furent très nombreux en grève le 13 mai - plus de 60 % à Paris - et sont allés manifester avec le public et le privé, postiers de la distribution, des centres de tri et des guichets confondus. Cependant, dans aucun bureau il n’a été possible de reconduire le mouvement le 14 mai.

La petite minorité la plus combative a pu tout de même mener des actions sporadiques dans le cadre d’une grève reconductible à partir du 26 mai : participation à des assemblées d’enseignants, de cheminots, d’agents d’EDF-GDF, organisation de rassemblements interprofessionnels de quartiers, visites de dépots RATP… Entre le 2 et le 15 juin, les postiers en grève se sont retrouvés plusieurs fois à la grande poste centrale du Louvre, entre 200 et 60 selon les journées : manifestation devant la Banque de France où des suppressions d’emplois sont également prévues, rencontre avec des agents communaux en grève, visite surprise au siège de l’UMP, port d’un recommandé chez le baron Seillière avec pour slogan : « Seillière, voleur, c’est aux patrons de payer »...

Charlotte PLIHET

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Numéro 28, juillet-août 2003