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DOSSIER : Avril, mai, juin 2003. Renouveau des luttes, début de la contre-offensive des salariés

Essonne (91) : des syndicats combatifs

Mis en ligne le 11 juillet 2003 Convergences Politique

Le 23 avril, les syndicats (FSU, CGT, Sud, FO) ont pris l’initiative d’une AG départementale. Elle a réuni une soixantaine de personnes et, constatant l’absence à ce jour de mobilisation sur le département, a appelé à tenir des AG dans tous les établissements. Le 24, une petite poignée de collègues se sont mis en grève sur les secteurs de Draveil, Vigneux, Epinay, en se lançant aussitôt dans des actions de sensibilisation auprès des établissements voisins.

Le 30, en AG départementale, nous étions cette fois 150, dont bon nombre de non syndiqués. L’AG décidait d’appeler à entrer dans la grève dès que possible. Une semaine plus tard, le 6 mai, c’était parti ! Ce jour-là, 500 personnes à l’AG départementale. Une semaine après, le 13, près de 700. Au plus fort du mouvement, on a compté entre 150 et 200 collèges et lycées (peut-être autant d’écoles, mais les chiffres du primaire sont plus incertains) en grève reconductible avec en moyenne des taux de grévistes de 20 % à 30 % (80 % pendant deux semaines dans des collèges de Grigny).

A la différence du 93, nous n’avons pas fonctionné en coordinations. Les AG du 91 étaient des intersyndicales élargies. Ce sont les syndicats qui ont pris l’initiative de la première, milité pour l’extension, appelé à rendre visite aux établissements pas encore touchés, reconduit jusqu’au bout la grève, et en sont toujours apparus comme les artisans irréprochables aux yeux de la majorité des grévistes. Les déclarations de la tribune manquaient parfois de tranchant, mais restaient dans le ton.

Une multitude d’initiatives

Toutefois les AG départementales n’ont pas été les seuls pôles de structuration du mouvement. Des AG de villes, de districts, ont surgi un peu partout, le plus souvent à l’initiative de militants d’extrême gauche ou de Sud mais qui rassemblaient bien au-delà de ces cercles. Le plus souvent, ces AG étaient pilotées par les grévistes eux-mêmes, syndiqués ou non, et en somme fonctionnaient comme de petites coordinations. C’est d’elles qu’ont émergé la plupart des initiatives « interpro ». Ainsi au niveau local des liens ont pu se tisser avec d’autres secteurs du public comme les impôts, La Poste, les communaux (souvent d’ailleurs grâce aux relais de militants de Sud dans ces entreprises) et même du privé (SNECMA et IBM à Corbeil avec relais de militants de Lutte Ouvrière) : délégations aux AG des uns et des autres, diffusion de tracts et discussion à l’entrée de la SNECMA, manifestation avec 200 travailleurs de cette entreprise à Evry, participation aux AG et aux piquets de grève des cheminots de Juvisy... Fin mai, un comité d’organisation de la grève s’est même créé à Grigny dans le but d’organiser des actions au niveau départemental.

Bien souvent, l’intersyndicale du 91 ne servait que de relais à ces actions décidées et organisées dans les AG de villes. Mais les responsables syndicaux qui n’étaient pas à l’initiative de celles-ci, les accueillaient favorablement et parfois s’y joignaient. Attentifs à ces initiatives « interpro » impulsées par les grévistes, les syndicats ont fini par décider d’une manifestation départementale interprofessionnelle le 6 juin à Evry, qui fut un succès (5000 personnes, avec une présence notable du privé).

Si la majeure partie des grévistes n’a donc quasiment pas entendu parler des coordinations nationales, ou n’en a pas vu l’utilité et s’est sentie bien représentée par l’intersyndicale, une minorité notable a fait l’expérience d’une forme dynamique de la grève et même de son organisation. Un capital précieux pour les grèves à venir.

Agathe MALET

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Numéro 28, juillet-août 2003