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DOSSIER : Avril, mai, juin 2003. Renouveau des luttes, début de la contre-offensive des salariés

SNCF : A Paris-Nord

Mis en ligne le 11 juillet 2003 Convergences Entreprises

La CGT Paris-Nord s’est réunie le soir du 13 mai et l’ensemble des militants de base ont pesé dans le sens de la reconduction. La réunion ne fut pas triste, ponctuée d’altercations avec un permanent régional qui sidéra les militants, qu’ils soient sédentaires de l’Exploitation (agents d’accueil, vendeurs…) ou conducteurs, par ses positions contre la grève.

Le 14 mai, la grève fut donc reconduite dans l’ensemble des secteurs et établissements de Paris-Nord : Le Bourget, Mitry, Paris pour les conducteurs, Landy et Joncherolles pour les ateliers, la gare de Paris pour les sédentaires… Reconduction confirmée dans une AG inter-services regroupant tous les grévistes de ces secteurs, un peu surpris cependant d’entendre un responsable fédéral CGT égrener des chiffres sans exprimer un avis, sauf appeler à la manifestation du 25 mai, qui semblait alors bien lointaine… et contester, dans les couloirs, l’aspect « peu démocratique » de cette AG !

Mais il ne faisait que préparer celle du lendemain chez les conducteurs où la CGT poussa à la reprise sur des chiffres biaisés (il n’y avait, paraît-il, que 5 grévistes sur 30 entre 3h et 9h), des faits oubliés (100 conducteurs avaient encore à prendre leur service que l’on pouvait facilement convaincre) ou cachés (30 % de grévistes parmi les conducteurs de manœuvre). D’où les huées des 200 cheminots des autres secteurs toujours en grève à l’adresse d’un responsable CGT-conducteurs qui tentait de leur expliquer l’importance… de la manif du 25. Ce fut en tout cas inefficace pour convaincre les sédentaires de la gare qui continuèrent le mouvement quelques jours encore, pleins d’ironie vis-à-vis de la proposition syndicale de lancer la grève reconductible… trois semaines plus tard (« Comment avez-vous déterminé cette date ? La conjonction des planètes ? Pourquoi pas le 10 août ? »).

Pourtant ni l’attitude de la CGT, ni les mises en garde du PDG Gallois, ni les retournements de la Fgaac, n’empêchèrent les grévistes de mai de redémarrer le 3 juin une grève qui devait durer jusqu’au 13.

Les contacts entre les grévistes

L’AG inter-services était cette fois refusée par les syndicats. Cela n’empêcha pas les conducteurs de Paris-Nord de se mettre en contact avec les agents de la gare qui avaient mis en place un comité de grève, pas plus reconnu par les syndicats. Heureusement les conducteurs, même si eux n’étaient pas organisés en comité de grève, comptaient un grand nombre de grévistes récemment syndiqués à Sud-Rail ou à la CGT ou non syndiqués, qui avaient envie d’en découdre et en conséquence organisaient dynamiquement la lutte. Chez eux, le pourcentage de grévistes se maintenaient entre 40 et 50 % (100 % à Persan ou Mitry), y compris durant le week-end de la Pentecôte (d’où les mensonges des médias annonçant un RER B sur trois alors qu’il y en avait un toutes les heures au lieu de toutes les 5 minutes). La direction a d’ailleurs finalement participé à la grève en installant le bureau de commande (bureau donnant le service et les documents nécessaires à la conduite des trains) dans un lieu inconnu ! Certains choqués se sont mis en grève pour cette seule raison.

Piquets de grève nuit et jour, visites à d’autres secteurs cheminots, accueils d’enseignants, contacts avec des postiers puis des RATP, toutes ces activités faisaient que le moral était toujours là pour repousser une tentative de la CGT de nous faire reprendre le 12 juin. Si elle a réussi le lendemain, c’est en développant une pression particulière sur ses adhérents, réunis spécialement avant l’AG, la même pression qu’elle a exercée ce jour-là dans tous les dépôts du pays.

Noumia ZARESKI

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Numéro 28, juillet-août 2003

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