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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 83, septembre-octobre 2012

ETATS-UNIS : Les électeurs populaires découragés d’aller voter

Mis en ligne le 9 octobre 2012 Convergences Monde

Les politiciens américains se plaignent beaucoup de la désaffection des citoyens. Beaucoup de ceux-ci ne sont en effet même pas inscrits sur les listes. Et, parmi les inscrits, la participation est le plus souvent en-dessous de 50 %, y compris aux présidentielles. Ce sont pourtant ces mêmes politiciens qui font tout, et pas seulement par leur politique une fois élus, pour décourager les couches populaires.

Après la guerre civile, les États du sud (à l’époque sous l’impulsion des Démocrates) ont adopté des lois ségrégationnistes imposant jusqu’en 1965 des conditions d’alphabétisation et de revenus. Et nombre d’anciens délinquants sont toujours privés de leur droit de vote à tout jamais, pour des délits souvent mineurs liés à la drogue, donc ciblant aujourd’hui les communautés noires et latinos.

Et voici, juste avant l’élection de 2012, un nouvel ensemble de lois adopté dans le seul but de rendre plus difficile pour les électeurs pauvres et issus de minorités ethniques d’exercer leur droit de vote. Ces lois sont votées pour la plupart dans les « États bascules » (« swing states »), c’est-à-dire où aucun parti n’a de majorité écrasante, mais où les assemblées législatives sont dominées par le Parti républicain.

  • Dans seize États, elles ont restreint la possibilité de s’inscrire sur les listes électorales le jour même du vote. L’expérience montre que cette possibilité a parfois augmenté la participation de 10 à 12 %, surtout chez les jeunes et nouveaux électeurs... susceptibles de voter pour les Démocrates. De plus elles dressent aussi de nouveaux obstacles devant les associations qui aident les électeurs à s’inscrire pour les empêcher de collecter les formulaires d’inscription.
  • Dans au moins neuf États, on a cherché à supprimer le vote avant le jour officiel. Le but est d’éliminer le vote le dimanche précédant le mardi, jour du scrutin. Beaucoup de communautés noires ont fait une tradition de voter après l’office dominical. Plus de 30 % des votes aux élections présidentielles de 2008 ont eu lieu avant le jour dit.
  • Dans trente-quatre États, on impose désormais de nouveaux contrôles d’identité. Or, pas si simple d’obtenir une pièce d’identité officielle. Cela nécessite un certificat de naissance. Beaucoup de personnes âgées et pauvres n’en ont pas, nées à domicile, ou l’ont perdu. Nombre de gens sans voiture n’ont pas de permis de conduire, la forme la plus courante de pièce d’identité. Les étudiants qui vont étudier dans un autre État n’ont pas la carte d’identité locale, etc. En résumé, entre 7 et 15 % des électeurs n’ont pas de pièce d’identité adéquate et auront des difficultés à en obtenir d’ici novembre avec les suppressions d’emplois dans les services chargés de les délivrer.

L’objectif supposé de cette législation de dernière minute est d’éviter la fraude électorale. Prétexte absurde. Il n’y a eu, officiellement, que dix cas de fraude électorale aux États-Unis depuis 2000 !

En limitant l’accès aux urnes pour les électeurs pauvres et issus de minorités ethniques, les Républicains visent à écarter des voix pour le Parti démocrate. Tout comme les Démocrates sudistes visaient naguère à écarter des voix du Parti républicain. En tout cas, à chaque fois, ce sont les couches les plus pauvres qui sont encore un peu plus écartées de la politique. Heureusement, elles ont naguère trouvé une bien meilleure façon de se faire entendre et respecter que dans les urnes : dans la rue et dans les mouvements.

Richard SILVA, San Francisco

29 septembre 2012

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Numéro 83, septembre-octobre 2012

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