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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 83, septembre-octobre 2012

Interview : Des travailleurs de Citroën bien décidés à ne pas se laisser faire

Mis en ligne le 9 octobre 2012 Convergences Entreprises

Gilles, non syndiqué, travaille en maintenance au Ferrage. Nordine, délégué CGT, travaille au montage. Tous deux sont membres du Comité de préparation à la lutte et ont bien voulu répondre à nos questions.

Convergences Révolutionnaires — Dans l’usine quel a été l’effet produit par l’annonce de la fermeture le 12 juillet ?

Gilles — Ça a été comme une bombe pour moi. Depuis le conflit de 1982, la direction faisait courir des rumeurs sur la fermeture, alors on s’y était habitués.

Nordine — Moi ça fait deux ans que je le sais. Mais, le 12, des ouvriers se sont évanouis devant moi. L’infirmerie était pleine ! La chaîne était arrêtée, le DRH courrait partout, c’était la panique.

C. R. — Et quelle était l’ambiance à la rentrée de septembre ?

Gilles — J’étais prêt pour la lutte. Il ne faut pas lâcher, faire des petites assemblées pour secouer un peu les gens.

Nordine — Nous avons fait des réunions tous les jours pour préparer le 11 [jour de la remise du rapport Sartorius].

C. R.— Y avait -il des attentes vis-à-vis du rapport Sartorius ? Comment son contenu a-t-il été reçu ?

Nordine — C’était aussi un choc. L’usine est rentable, on a même travaillé les samedis en 2010 et 2011.

Gilles — Je n’en attendais pas grand chose. Mais tout n’est pas négatif, puisqu’il dit qu’il y a eu des erreurs de stratégie de PSA.

C. R. — Vous avez rencontré Hollande. Y avait-il des illusions sur le résultat de la rencontre, et du coup, de la déception ?

Gilles — Il fallait y aller pour montrer qu’on n’était pas démoralisés et obtenir les réunions tripartites. Mais qu’il ne se mouille pas beaucoup, on s’y attendait vu ses déclarations à la télé.

C. R. — Pour le rassemblement du 29, vous avez invité des salariés d’autres entreprises. Comment avez vous été à leur rencontre, et quel accueil avez vous reçu ?

Nordine — Nous sommes allés à Roissy, à Ikéa, à Carrefour et dans la cité des 3 000. Nous avons bien parlé avec la population en distribuant nos tracts. À Roissy, j’ai bien discuté avec les mécanos. Ils disent « on est conscient de la situation, chez nous il va y avoir 5 000 licenciements ».

Gilles — Je n’y suis pas allé, j’ai déjà essayé de faire venir les copains de mon secteur. Mais j’ai été à Rennes le 15, c’était un gros effort mais, si on veut rassembler les gens, il faut montrer qu’on est là. Tout le monde va être touché par les licenciements.

C. R. — Vous faites tous les deux partie du comité de lutte, comment ça c’est passé ?

Gilles — Je défends mon emploi, c’est pas parce que j’ai 56 ans que je veux être au chômage. Quand ils ont demandé qui était volontaire dans mon secteur, j’ai regardé autour de moi et personne ne levait le doigt. Je me suis dit : si je veux être au courant de ce qui se passe, il faut que j’en sois.

Propos recueillis par Lydie GRIMAL

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Numéro 83, septembre-octobre 2012

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