Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 83, septembre-octobre 2012

PSA Aulnay : refus de la fermeture plus que jamais

Mis en ligne le 9 octobre 2012 Convergences Entreprises

L’annonce de la décision par le groupe PSA de fermer son usine d’Aulnay-sous-Bois est officiellement tombée en juillet dernier. Mais cela faisait plus d’un an, depuis juin 2011, avec la révélation d’un document confidentiel, que les militants de l’usine préparaient la lutte contre la fermeture par des réunions de secteurs, des rassemblements et débrayages. Mais l’annonce officielle a malgré tout été ressentie comme un coup dur. Sur ordre de la direction, prudente, l’usine a été arrêtée toute la journée et elle n’a ensuite tourné qu’au ralenti jusqu’aux congés.

Election d’un Comité de préparation à la lutte

Ce 12 juillet une assemblée générale avait réuni 800 travailleurs, avec les jours suivants des réunions quotidiennes et des échanges tout azimut. L’expérience des grèves de 2005 et 2007 a permis, dans la semaine suivante, de mettre en place un Comité de préparation à la lutte : autour de 160 délégués ont été élus dans l’ensemble des secteurs : délégués syndicaux, syndiqués de la base et aussi de nombreux non syndiqués. Le syndicat « maison » SIA, qui avait jusque là mené des actions avec la CGT, a cette fois refusé d’intégrer le comité, sauf ses délégués du Ferrage qui l’ont intégré. Mais, le 25 juillet, les syndicats du groupe PSA ont unanimement refusé de se prononcer sur le plan de licenciements, ce qui bloque provisoirement toute la procédure et donne le temps d’organiser la riposte.

En juillet, Hollande comme Montebourg avaient feint l’indignation contre PSA. À la rentrée, tout a changé : fin août, Montebourg appelait les syndicats d’Aulnay à avoir une attitude « responsable » et à ne pas « menacer » les autres sites ; le 11 septembre, l’expert nommé par le gouvernement, un certain monsieur Emmanuel Sartorius, donnait raison à PSA dans sa décision de fermer une usine.

La direction est sur les dents. Elle a recruté des vigiles supplémentaires dont certains auraient en guise de C.V. … la guerre en Tchétchénie ! Elle a aussi fait venir quelques jours des cadres d’autres sites pour « protéger l’outil industriel à Aulnay » !

La presse avait braqué tous les projecteurs sur la rentrée sociale du 4 septembre à Aulnay, mais il a fallu quelques jours pour relancer la mobilisation, réunions du comité de préparation à la lutte à l’appui.

Les actions, suite au rapport Sartorius

Le 11 septembre, jour de la remise du rapport de l’expert gouvernemental, les AG des deux équipes du matin et de l’après-midi, plus un rassemblement au changement d’équipe, ont réuni à nouveau près de 800 travailleurs. Des décisions ont été prises et votées : opérations péage gratuit à Senlis, exigence de rencontrer Hollande comme il s’y était engagé avant son élection et, surtout rassemblement à la Cité des 3 000 à Aulnay le 29 septembre, avec la participation de Sanofi, Air France, et toutes les entreprises du 93 confrontées à des plans de licenciements.

Les opérations au péage de Senlis sur l’A1 ont récolté sympathie et argent des automobilistes et routiers !

Le 15 septembre, une trentaine d’ouvriers d’Aulnay se sont rendus à la manifestation à Rennes contre les suppressions de postes sur le site PSA de La Janais, accueillis par des ouvriers avec qui des liens avaient été déjà noués quand ils avaient été envoyés à Aulnay par la direction... pour tenter de torpiller la grève de 2007, mais à leur tour menacés par les suppressions d’emploi. Le 20 septembre, c’est à 400 que les ouvriers d’Aulnay se sont rendus à la rencontre avec Hollande, sans trop d’illusions, vu le coup de bambou du rapport Sartorius, mais néanmoins avec une certaine attente.

Vers la convergence des luttes

C’est en effet dans une autre direction qu’il faut organiser la riposte : la convergence des luttes avec tous les sites PSA et, plus largement, tous les secteurs. C’est ce que le rassemblement du 29 septembre a commencé, où étaient présents des travailleurs de Roissy, de Carrefour, Ikea, Magneto, Sanofi ainsi que ceux de Ford venus de Bordeaux.

L’interdiction des licenciements ne pourra être imposée que par le « Tous ensemble ! », comme l’ont souligné à la tribune les représentants CGT et Sud de l’usine. Reste bien sûr à traduire cette volonté sur le terrain, en allant à la rencontre des travailleurs des entreprises menacées et en coordonnant réellement toutes les mobilisations. La journée et les manifestations du 9 octobre, en particulier de l’Automobile et sous-traitants au Salon, vont en fournir bien vite l’occasion.

Pierre BECKER

30 septembre 2012


Partisans du « Tous ensemble » ? Vraiment ?

La CGT Citroën avait officiellement invité les Ford, qui manifestaient le samedi matin au Salon de l’Auto, à venir les rejoindre à Aulnay dans l’après-midi. Ce que les travailleurs de Blanquefort ont non seulement accepté mais fait, à plus d’une cinquantaine, la plus grosse délégation des autres entreprises présentes, y compris celles du 93. On pouvait donc penser que, des deux côtés, existait une réelle volonté de commencer à rassembler les travailleurs en lutte.

Pourtant, au moment des prises de parole, les dirigeants de la même CGT de PSA Aulnay ont refusé de la donner au représentant des Ford sous prétexte que c’était Philippe Poutou, ex-candidat du NPA aux récentes présidentielles, mais aussi, et surtout en la circonstance, ouvrier à Ford Blanquefort et un des dirigeants du syndicat CGT de l’usine. Curieux puisque les dirigeants de la CGT Aulnay sont eux-mêmes des membres tout aussi connus de Lutte ouvrière, Jean-Pierre Mercier étant même un des porte-parole nationaux de l’organisation. Et qu’au même moment Philippe Julien, l’autre dirigeant du syndicat d’Aulnay (lui-même conseiller municipal de LO à Saint-Denis) lançait un vibrant appel aux autres entreprises menacées de licenciement à se rassembler.

L’invraisemblable dans cette affaire n’est évidemment pas que des dirigeants syndicalistes soient également des dirigeants politiques – cela c’est parfaitement normal à nos yeux – mais que des militants de LO qui sont dans ce cas... en fassent grief à ceux du NPA !

Faites ce que je dis, pas ce que je fais ? Petite mesquinerie et jalousie de LO vis-à-vis du NPA ? Oui, vraiment curieux qu’une organisation trotskiste reprenne des attitudes et des méthodes bureaucratiques dont elle fut jadis victime dans la CGT dirigée par un PCF stalinien et qu’elle dénonçait alors si fort, à juste titre.

En tout cas, ce n’est pas par cette voie ultra-sectaire que nous irons vers la convergence des luttes, nécessaire tout autant aux travailleurs de Citroën qu’à ceux de Ford et de toutes les autres entreprises menacées par les fermetures et les licenciements. Grand temps que LO se ressaisisse et ne fasse plus passer les intérêts des travailleurs après ses propres intérêts de boutique... d’ailleurs fort mal compris !

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article

Abonnez-vous à Convergences révolutionnaires !

Numéro 83, septembre-octobre 2012

Mots-clés