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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 83, septembre-octobre 2012

SNCF : Guillaume Pépy prestidigitateur

Mis en ligne le 9 octobre 2012 Convergences Entreprises

Coup de baguette magique, dans cette entreprise qui réduit ses effectifs massivement depuis plus d’un demi-siècle. Son PDG, Guillaume Pépy, se la joue conquérante : il annonce 40 000 « embauches » d’ici 2017. Bigre. S’agit-il de stopper la baisse des effectifs cheminots ? Pas si vite.

Sur les 153 000 cheminots (circulation des trains, gares, ateliers de réparation, administration), 40 000 doivent partir en retraite d’ici 2017. S’ils étaient tous remplacés, ce qui n’est pas garanti, cela absorberait déjà la totalité des embauches promises. Car ne pas confondre « embauches » et augmentation des effectifs. Chaque année, pour les mêmes raisons de départs en retraite, la SNCF est bien forcée de recruter par milliers. Pas suffisamment : les effectifs baissent, la productivité augmente, les conditions de travail et le service aux usagers se dégrade.

En réalité, et c’est là où l’annonce de Pépy cache « un loup », il faut distinguer ce que tout un chacun comprend par SNCF, son secteur ferroviaire (les cheminots), et le Groupe SNCF. C’est que la SNCF comprend de très nombreuses filiales (des centaines), dont certaines très grosses (Géodis, Keolis) qui recouvrent des activités de transport routiers, marchandises et voyageurs, de logistique, ingénierie, aussi bien en France que dans le monde. Y travaillent des routiers, des manœuvres, des administratifs, des commerciaux, des ingénieurs et techniciens, en quasi-totalité de droit privé.

Le tout forme le Groupe SNCF, Groupe d’entreprises donc, dont les effectifs globaux sont de 246 000 (dont 153 000 personnels ferroviaires cheminots SNCF et le reste employés par les différentes filiales dans leurs activités respectives).

Le tour de passe-passe, c’est aussi que ces embauches pourraient être saupoudrées dans tout le Groupe SNCF, filiales comprises, donc réparties sur des dizaines d’entreprises du groupe. Les cheminots n’en verront pas forcément plus la couleur que les autres années !

La SNCF précise aussi que cela recouvrira toutes sortes de contrats, CDI avec ou sans statut SNCF, mais aussi CDD, Contrats d’avenir, pas mal de précarité donc !

Les cheminots ne sont pas dupes, comme en témoignent leurs premières réactions. Ils savent que, s’ils veulent réellement de l’embauche, une amélioration des effectifs et des conditions de travail, c’est sur leurs luttes qu’ils doivent compter.



La SNCF contre la crise ?

Le show médiatique a commencé : la SNCF veut embaucher 40 000 jeunes d’ici 2017. Si on l’écoute, notre chère direction va résorber le chômage à elle toute seule !

Et pourtant... On est bien loin de ce que nous vivons tous dans nos différents chantiers : restructurations, postes supprimés, cadences augmentées, roulements aggravés.

Sans croire à leurs mensonges, sachons utiliser les déclarations tonitruantes de Pépy pour relancer les mobilisations contre les suppressions de postes, les non-tenus et pour des embauches.

Où est l’arnaque ?

40 000 embauches, c’est beaucoup.

Décryptage.

Il s’agit de chiffres à l’échelle du groupe SNCF (filiales incluses), qui compte 246 000 salariés, et non du seul « EPIC » [Établissement Public Industriel et Commercial] SNCF qui n’en compte plus que 150 000 cheminots.

Embaucher 10 % de l’effectif d’ici 2017, c’est-à-dire en cinq ans, cela compense à peine les départs en retraite...

Ces embauches ne se feront pas toutes au cadre permanent (statut cheminot) même celles qui concerneront l’EPIC SNCF.

Extraits des bulletins L’Etincelle, Ligne C et ligne D du RER parisien

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Numéro 83, septembre-octobre 2012

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