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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 83, septembre-octobre 2012

Portugal : Manifestations de masse contre le « Robin des Bois des patrons »

Mis en ligne le 9 octobre 2012 Convergences Monde

Les ministres portugais ne sortent plus sans une armada de services de sécurité. Partout où ils vont se créent des attroupements où on les traite de voleurs. Plusieurs personnes ont été interpelées ce mois-ci. En visite à l’usine agroalimentaire Impérial au nord du pays, le Premier ministre, Passos Coelho, a été accueilli par une manifestation et forcé d’entrer par la porte arrière.

La mesure de trop qui suscite la colère est une augmentation de la cotisation sociale des salariés qui passerait de 11 à 18 % tandis que celle des patrons baisserait d’autant. Cette mesure, s’ajoutant à tous les plans d’austérité qui saignent les couches populaires depuis 2007 (augmentation de la TVA aujourd’hui à 23 %, baisse des salaires, précarisation du travail) vaut actuellement au Premier ministre le sobriquet de « Robin des bois des patrons ». Elle équivaut à la perte d’un mois de salaire pour les travailleurs. Pour couronner le tout, le gouvernement vient de vendre à Amorin, le plus riche industriel du pays, et à la multimilliardaire fille du président de l’Angola Eduardo dos Santos, pour la modique somme de 40 millions d’euros, la banque BPN, renflouée à coups de milliards d’argent public il y a deux ans.

Samedi 15 septembre, une foule immense a manifesté à Lisbonne et dans 30 autres villes du pays.

L’appel à manifester via Internet, avait été lancé par des militants du mouvement de jeunes « Génération aux abois » (Geraçao à rasca), qui manifestent depuis le 12 mars 2011 contre le chômage et le travail précaire, et relayé par des associations réunissant de nombreuses personnalités. Se voulant apolitique, tout comme les appels du mouvement des Indignés en Espagne, l’appel s’est calé volontairement sur les manifestations organisées ce même jour dans les villes espagnoles contre le plan d’austérité du gouvernement Rajoy.

Difficile d’avoir les chiffres exacts, la police ne les révélant pas. 200 000 à Lisbonne, un million sur tout le Portugal selon les organisateurs ? Ce qui est sûr, c’est que, ce jour-là, des centaines de milliers de personnes n’ayant jamais manifesté sont sorties dans la rue pour crier leur mécontentement et exiger le retrait d’un énième plan d’austérité qui ne passe plus.

Le lendemain, des grèves ont paralysé tous les grands ports industriels et raffineries du pays, à Lisbonne, Sines, Setubal, Matosinhos et Aveiro.

Les travailleurs protestaient notamment contre les réductions d’effectifs et contre une nouvelle réforme du code du Travail visant à rendre les procédures de licenciement encore plus aisées pour les patrons.

Il n’en fallait pas plus pour que le gouvernement recule, suspendant la mesure qui a fait déborder le vase, l’augmentation de la cotisation sociale pour les salariés. Au sein du gouvernement de droite une cacophonie s’est installée : le ministre Paulo Portas, leader conservateur du Parti Populaire (il est plus juste de dire populiste, faisant de la démagogie anti-fonctionnaires, anti-chômeurs, anti-immigrés son leitmotiv) s’est immédiatement dit contraire à cette mesure à « revoir ».

Samedi 29 septembre une nouvelle manifestation a eu lieu à Lisbonne, organisée celle-ci par la CGTP, la plus grande confédération syndicale du pays, à laquelle appelaient aussi les associations à l’origine du 15 septembre. Les manifestants étaient moins nombreux mais contents d’avoir fait reculer le gouvernement.

La colère sociale est bien là. C’est cette colère, si elle touche plus profondément les travailleurs du pays, qui pourra renverser la situation. Cela ne viendra certainement pas des appels politiciens, agrémentés de drapeaux portugais, à « Unir la gauche contre la Troïka » (cette même gauche qui a imposé l’austérité comme en Grèce et vient d’être chassée du gouvernement aux dernières élections), appels dont sont partisanes y compris des organisations d’extrême gauche portugaises.

Anne HANSEN, 29 septembre 2012

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Numéro 83, septembre-octobre 2012

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