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La Poste

Un plan antisocial à combattre

Mis en ligne le 24 septembre 2014 Convergences Entreprises

La Poste a décidé de donner un coup d’accélérateur aux suppressions d’emplois : toujours avec le prétexte de la baisse du courrier, son Plan stratégique 2020 vise 90 000 postes en moins dans les cinq ans. Elle impose d’énormes reculs − fermetures supplémentaires de centres de tri, de centres de distribution, de guichets, concentration des services administratifs − et organise le sous-effectif permanent. Aux colis, secteur pourtant en pleine croissance, les centres qui n’étaient pas encore trop touchés par la précarité sont dans le collimateur et les licenciements secs vont bon train.

Pour les conditions de travail des postiers, c’est une nouvelle dégringolade. Les plus anciens sont poussés à prendre des pré-retraites et à partir avec des revenus de misère pour ne pas subir la fatigue et du stress supplémentaires.

L’argent coule... pour les directeurs

Le Président actuel, Philippe Wahl, ne cache pas les ambitions de la direction : un milliard d’euros de bénéfices dans l’année, à doubler si possible dans les années qui suivent. Au prix d’une suppression massive d’emplois : 5 285 en moins au premier semestre 2014, contre 4 894 pour toute l’année 2013. La direction de La Poste – avec le gouvernement : pour l’instant les capitaux sont à 100 % publics – veut rendre ses services attractifs pour les investisseurs privés et livre une véritable guerre aux postiers. Les usagers paieront par une hausse des tarifs record, supérieure à l’inflation, validée d’ici 2018.

Pour les bons et loyaux services qu’il a effectués sous le regard bienveillant d’Arnaud Montebourg (ministre de tutelle de La Poste jusqu’au récent changement de gouvernement), Wahl s’est offert d’exploser le plafond de 450 000 euros annuels de salaire préconisés par Hollande. Les dix plus hauts dirigeants de La Poste se sont augmentés de 12 % en 2013 se partageant 4 millions d’euros, dont 736 450 pour le Président. Dans le même temps, les revenus des postiers sont rognés de toutes parts, des services auparavant rémunérés en plus comme la distribution de catalogues ou des plis électoraux ne le sont plus sur la plupart des sites.

Des grèves longues et déterminées

Face à toutes ces attaques redoublées qui font partie d’un plan concerté pour précariser et réduire au minimum le nombre de ses employés (220 000 actuellement, 100 000 de moins qu’en 2002), les réactions n’ont pas manqué dans tout le pays, quoique isolées. L’année 2014 a été marquée par des grèves longues et déterminées comme celle des postiers des Hauts-de-Seine (173 jours de grève), de ceux d’Ajaccio (93 jours), d’Epinay-sur-Orge (plus de 80 jours), du centre de distribution du 15e arrondissement de Paris (voir article) ou celle des facteurs d’Aubigny (dans le Cher) actuellement en grève depuis le 16 juin. Les problèmes sont toujours les mêmes : refus des suppressions de postes par les postiers, du rallongement des tournées, des horaires et rythmes de travail imposés et inacceptables.

L’énergie et la détermination des grévistes face au cynisme de La Poste, décidée à ne rien lâcher et à sanctionner au besoin, est un espoir pour l’avenir et montre à quel point le ras-le-bol est profond quand il s’exprime. Malgré les liens qui se sont créés entre grévistes et des tentatives de coordination de ces différentes luttes, elles sont cependant, pour l’heure, restées peu relayées parmi les postiers. Il s’agit de se coordonner à plus grande échelle. C’est une nécessité, un objectif à court terme. A.H.

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Numéro 95, septembre-octobre 2014

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