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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 95, septembre-octobre 2014

Irak : Pétrole, à qui profite le crime ?

Mis en ligne le 24 septembre 2014 Convergences Monde

  • Réserve pétrolière de l’Irak : 9 % des réserves mondiales connues (contre 15 % pour l’Arabie Saoudite).
  • Production pétrolière : 3,7 % de la production mondiale en 2013 (7e producteur mondial). L’Arabie Saoudite (second producteur derrière la Russie) représente 13 %.

Après avoir chuté pendant la guerre Iran-Irak, puis la première guerre du Golfe, la production s’est maintenue au-dessus de 2 millions de barils par jour depuis 1998, à trois exceptions près dont 2003, lorsque l’armée américaine, plus intéressée par les réserves que par la production, avait licencié tous les travailleurs et ingénieurs de la compagnie nationale de pétrole irakienne !

2014 : malgré la situation du pays, la production est montée à 3,5 millions de barils par jour. Il faut dire que les principaux efforts des différents groupes armés aux commandes d’un territoire (en y incluant les armées d’occupation américaine et anglaise jusqu’en 2011) portent sur la défense des puits et installations.

Espoirs perdus

On est certes encore loin des 8 millions de barils par jour que Washington faisait miroiter aux multinationales avant l’invasion, en 2003. Les États-Unis avaient aussi promis aux compagnies privées un droit sur les gisements qu’elles pouvaient inclure tout de suite dans leur bilan. Privatisation par avance des gisements à conquérir ! Dubitatives, les grandes compagnies pétrolières exigeaient au moins, avant de signer des contrats, la nomination d’un gouvernement « légitime » irakien. Qu’à cela ne tienne : l’occupant américain s’était empressé d’inclure dans la Constitution qu’ils faisaient adopter en 2005 une « loi pétrolière », rédigée par les majors.

Chou blanc : le parlement irakien, ainsi que les syndicats de travailleurs du pétrole (qui se sont manifestés pour faire entendre les revendications des travailleurs du secteur), s’y sont opposés. Il a fallu attendre 2008 pour que la clique au pouvoir à Bagdad finisse par offrir des contrats d’exploitation assez avantageux pour provoquer la course à l’or noir. Et la corruption a explosé. (Deux multinationales américaines sont toujours sous le coup d’une enquête.)

Chacun son pétrole…

Avec l’autonomie partielle accordée à la région kurde, le Gouvernement régional qui en est sorti s’est empressé de passer des contrats (un droit que lui conteste le gouvernement central). Les compagnies pétrolières y ont trouvé leur compte, jouant sur la concurrence, pétrole vendu par Bagdad contre pétrole vendu par Erbil, pour obtenir des contrats en or. « Aujourd’hui, tous les grands noms du secteur sont là : ExxonMobil, Total, Chevron, Gazprom » se félicite le Premier ministre kurde. Quant à la Turquie, elle a été le premier pays à manifester son intérêt. Pour l’intégriste Erdogan qui gouverne la Turquie, même lorsqu’il est kurde, le fuel est béni d’Allah !

… halal ou pas ?

Ayant les pieds sur terre en ce domaine, les djihadistes de l’EI ont foncé sur Mossoul et sur le pipe-line conduisant le pétrole de la région nord vers la Turquie. Mais, jusqu’à présent, l’armée irakienne et les soldats kurdes gardent le contrôle de la raffinerie de Baiji malgré trois mois d’assauts incessants. Et un pipeline qui relie le Kurdistan irakien à la Turquie, achevé en mai dernier, a pris le relais de celui de Mossoul détruit par les djhadistes. Le pétrole et les pipe-lines d’abord !

R.P.

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Numéro 95, septembre-octobre 2014

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