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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 114, septembre-octobre 2017 > Discussion

Discussion

Extraits de la contribution de la Fraction l’Étincelle au Conseil politique national du NPA, des 23 et 24 septembre 2017

Quémander l’unité des appareils, ou en appeler aux luttes d’ensemble, à leur convergence : ce n’est pas du tout la même chose

Mis en ligne le 5 octobre 2017 Convergences Politique

La version intégrale de la contribution peut être consultée ici

[…] Pour l’instant, la colère du monde du travail ne s’est pas pleinement exprimée. La mobilisation du 12 septembre a été un succès pour une première mobilisation aussi rapprochée de la rentrée. Celle du 21 septembre a nettement moins mobilisé sans qu’on puisse pour autant préjuger ce que seront les suites. [… Par ailleurs] le rassemblement initié par Mélenchon à Paris le 23 septembre […] indépendamment de ce que recherche le leader de la FI, s’inscrit de toute façon dans un ensemble de mobilisations qui dépassent les objectifs étriqués des uns ou des autres.

Mais la répétition de manifestations de rues à l’occasion de journées d’action, même rapprochées, ne suffira pas à faire reculer gouvernement et patronat, prêts à en découdre dans la rue où ils savent donner leurs flics et leurs juges. Il faudrait parvenir à paralyser la production, à frapper la bourgeoisie au porte-monnaie pour qu’un recul soit envisageable. Mais, sur un tel chemin, les obstacles qui se dresseraient sur la route des travailleurs ne sont pas seulement ceux que leur opposeront gouvernement et patronat. Il y aura les bureaucraties syndicales – c’est-à-dire, dans des styles différents, les directions de tous les syndicats – et les appareils réformistes, traditionnels (PS, PC) comme ceux qui se veulent ‘nouveaux’ (FI).

Pour l’heure, au niveau politique, Mélenchon tente de reconstruire un substitut du PS hors du PS, à la direction duquel on ne trouve plus guère que des politiciens que pas grand-chose ne distingue de ceux, nombreux, qui ont rejoint Macron […] Ce mouvement n’est pas propre à la France. Il est à mettre en parallèle à celui qui a accompagné Jeremy Corbyn en Grande Bretagne, Sanders aux États-Unis ou Iglesias en Espagne […]

Si personne ne doute, dans nos rangs, du fait qu’il n’y a rien à attendre de tels leaders, comment faut-il se positionner pour s’adresser à ceux qu’ils attirent ? […]

Certains camarades […] critiquent Mélenchon comme brisant la nécessaire unité. Mais de quelle unité s’agit-il ? Dans nos tracts, communiqués, déclaration d’Olivier Besancenot, nous demandons aux organisations syndicales et politiques de se réunir autour d’une table, de construire « un cadre unitaire ».

Autrement dit, nous proposerions de faire croire aux travailleurs qu’il suffirait de s’en remettre à l’accord des appareils pour construire la mobilisation et faire converger les luttes ? Ainsi, ce serait l’absence d’unité entre les appareils qui se partagent la direction de la classe ouvrière qui serait la cause des échecs des mobilisations de ces dernières années ? Avec de telles affirmations, nous laissons entendre que le succès d’un mouvement dépendrait de la participation, et donc du bon-vouloir, de l’organisation la moins combative du moment ! Quant à s’imaginer que nos incantations unitaires vont ‘les mettre au pied du mur’, c’est juste... ridicule. Le pire serait que nous contribuions ainsi à distiller des illusions au lieu de tout faire pour inciter les travailleurs à ne compter que sur eux-mêmes…

[…] À supposer que de véritables luttes s’engagent, notre rôle ne sera certainement pas de dire aux travailleurs de s’en remettre aux appareils, mais, bien au contraire, de s’organiser indépendamment d’eux. L’unité à laquelle ces camarades appellent revient à occulter la nécessaire rupture qu’un éventuel mouvement de la classe ouvrière devra opérer avec les dirigeants politiques réformistes de tous bords aussi bien qu’avec les bureaucraties syndicales. La seule hypothèse qui vaille est qu’un mouvement à venir de la classe ouvrière puisse mettre en avant des structures d’auto-organisation – comités de mobilisation et, dès que possible, comités de grève – élues directement par les travailleurs, responsables directement devant eux. Il appartiendrait alors aux révolutionnaires d’en prendre l’initiative […]

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Numéro 114, septembre-octobre 2017

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