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DOSSIER : Déclaration de guerre aux cheminots, guerre à tous les travailleurs

Privatisation à l’allemande : Die Milchkuh (ou la vache à lait)

Mis en ligne le 23 mars 2018 Convergences Entreprises

Si la privatisation des chemins de fer britanniques reste pour les investisseurs une affaire en or (Gold save the Queen !) mais capote pour les usagers, l’exemple d’outre-Rhin serait l’exemple à suivre, nous dit-on.

Certes, côté libre concurrence, la Deutsche Bahn s’est conservé la part du lion, notamment en ce qui concerne le trafic des grandes lignes. La SNCF ne compte pas faire moins ici. Par contre 30 % du trafic des lignes régionales allemandes a été vendu aux opérateurs concurrents. On n’ose pas tout à fait dire vendu à des opérateurs privés, puisque il y a parmi eux, notamment par le biais de sa filiale Transdev, la très institutionnelle Caisse des dépôts française, donc un peu de l’argent de vos livrets de Caisse d’épargne et pour partie de vos caisses de retraite, que ladite Caisse des dépôts est censée « protéger ». Mais n’est-ce pas tout comme puisque, comme les banques, c’est avec votre argent que cette Caisse investit ?

Du côté du travailleur allemand qui prend le train pour aller au boulot, ça semble rouler et les prix n’auraient pas explosé. Tant mieux. Mais la différence tient surtout à la façon dont on le fait payer.

Car au moment de la réforme des chemins de fer allemands et pour les ouvrir à la concurrence, en 1994, l’État allemand a tout simplement payé de ses deniers (ou plutôt de ceux des contribuables) les 35 milliards d’euros de dette de la Deutsche Bahn. La même année, la SNCF cumulait de son côté une dette de 31 milliards. Ajoutez les seuls intérêts versés aux banques au cours des 24 dernières années par la SNCF (actuellement c’est 1,5 milliard par an) et vous avez compris la différence… au profit des banques françaises !

Quant aux lignes régionales allemandes (l’équivalent de celles qu’Édouard Philippe compte refourguer aux régions), si elles sont le pain blanc et béni des compagnies privées (ou de Transdev ou d’Abellio, filiale de la compagnie nationale des chemins de fer hollandais, ou de la compagnie nationale italienne Trenitalia…), d’où vient l’argent pour les payer ? Les Länder allemands, régions d’un État fédéral qui gèrent de plus gros magots que nos régions en France, déboursent tous les ans des milliards pour subventionner les compagnies auxquelles elles accordent la gestion de leurs chemins de fer : en 1994 on avait estimé à un total de 6 milliards d’euros le montant des subventions qu’auraient à verser les Länder. Il est nettement supérieur : 8,2 milliards pour l’année 2017.

Et la Deutsche Bahn ayant souvent refusé de louer son matériel roulant aux compagnies concurrentes, ce sont parfois les Länder eux-mêmes, véritables vaches à lait de la privatisation des chemins de fer, qui ont acheté les rames de trains qu’elles offrent aux compagnies qui postulent à venir exploiter le trafic ferroviaire de la région. Ce qui n’empêche pas ces compagnies de remplacer massivement les lignes de train par des cars !

Contribuables à vos poches ! 

O.B.

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Numéro 118, mars-avril 2018

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