Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 118, mars-avril 2018 > Education

Education

Dans l’éducation : divers degrés de mobilisation, sur avis de gros temps ?

Mis en ligne le 23 mars 2018 Convergences Politique

La loi « d’orientation et de réussite des étudiants » (ORE) a été votée par le Parlement et promulguée en grande pompe par Macron le 8 mars. Ceux qui pensaient pouvoir combattre la sélection à l’université à coups d’amendements parlementaires sont peut-être dépités, mais pour les profs, étudiants et lycéens qui se sont mis en mouvement ces dernières semaines, la bagarre est loin d’être terminée. Depuis la fin janvier, l’ambiance s’est brusquement réchauffée dans les lycées et les universités, entre autres avec l’ouverture de la plateforme Parcoursup (vrai parcours du combattant pour s’inscrire à l’université [1].

D’abord chez les lycéens

Certains ont vite compris les pièges de cette réforme et ont entrepris d’organiser la riposte dans leurs établissements avec des assemblées générales, des blocages et la participation aux manifestations, en groupes certes réduits mais vivaces – parfois avec des enseignants. En banlieue surtout, dans les milieux populaires, le tri social organisé par cette loi a été rapidement perçu et des équipes de lycéens se sont constituées pour informer leurs camarades et se coordonner avec d’autres établissements. Dès le 1er février, premiers rendez-vous de manifestation à Paris et en province, puis le 6 février et ensuite le 15 pour certains. Les réactions ont été parfois plus vives et épidermiques à Caen, Bordeaux ou Rouen : c’est par centaines que des lycées ont débrayé. Certes on n’a pas vu de réel décollage du mouvement avec des milliers de lycéens dans la rue, et les vacances scolaires ont mis en sommeil la mobilisation. Mais celle-ci existe bel et bien, avance lentement mais sûrement, portée par des minorités. Les lycéens mobilisés n’ont pas baissé les bras et préparent la suite. À noter des tentatives sérieuses de coordination entre lycées dans la région parisienne.

Même scénario dans les universités

Un mouvement a quelque peu enflé début février avant d’être mis en pause par les vacances. À Toulouse, Montpellier, Paris, Rennes, Nanterre, Nantes, Bordeaux, Tours, Lille entre autres, des assemblées générales ont réuni des centaines d’étudiants pour discuter du « Plan étudiants », de la sélection, de la pénurie budgétaire… et des moyens pour inverser la tendance. Peu de facs ont été durablement mobilisées, le mouvement est encore faible, mais l’ambiance a déjà changé : assemblées générales régulières, comités de mobilisation et prises de parole dans les amphis d’un côté, et de l’autre fermeture administrative décrétée par les présidents d’université et même intervention des flics sur les campus comme à Nantes ou à Bordeaux. Mais des profs et des membres du personnel sont venus à la rescousse des jeunes mobilisés, dans des facs et surtout dans des lycées.

Le mécontentement est palpable aussi chez les profs

Une colère contenue s’exprime par des mouvements locaux, notamment en région parisienne. À l’échelle d’un établissement ou d’une académie, des enseignants tiennent des assemblées générales contre les projets du gouvernement et parfois se mettent en mouvement, surtout contre le manque de moyens qui pourrit les conditions de travail. Ce sont pour l’instant de petits groupes d’enseignants qui ont pris en main la responsabilité de mobiliser leurs collègues. La principale fédération syndicale, la FSU, est pour le moins muette ! La plupart du temps les éléments moteurs sont des syndiqués, et non syndiqués, qui tournent dans les établissements, se réunissent par secteur à l’instar de ceux du 92, 93 ou 94 (dans la région parisienne) qui ont mis sur pied des assemblées départementales. Des minorités toujours, mais qui entendent préparer le terrain pour les semaines à venir en entraînant leurs collègues.

C’est donc tout un milieu qui a commencé à mobiliser autour de lui, à élargir son audience et à s’organiser. Quelques rares initiatives syndicales centrales y ont aidé, comme cette Coordination nationale de l’éducation (animée surtout par des enseignants d’universités), qui entend piloter le mouvement. Après quelques tours de chauffe en février et la pause des vacances scolaires, de nouvelles dates de mobilisation sont annoncées : 15 et surtout 22 mars, avec l’ensemble de la fonction publique et, par ailleurs, les cheminots. Comme dans tous les autres secteurs, se pose le problème de la suite. Chez les jeunes et les moins jeunes, on a bien conscience que les attaques actuelles ne sont qu’une facette de la politique globale de Macron : tri social à l’entrée des facs pour en vider une partie des étudiants, manque de moyens et conditions de travail dégradées d’un côté. Mais de l’autre, cadeaux aux multinationales et aux militaires... Les lycéens ont été particulièrement sensibles à l’annonce que le gouvernement consacrerait 295 milliards d’euros pour l’armée d’ici 2025. D’où le slogan dans les manifestations lycéennes : « On veut du fric pour les lycées, pas pour les flics ou pour l’armée ».

10 mars 2018, Hugo WEIL


[1Nous avons analysé les objectifs de sélection que visent les projets de réforme des lycées et de l’université du gouvernement Macron, et leurs modalités, dans les numéros 115 et 116 de Convergences Révolutionnaires.

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article

Abonnez-vous à Convergences révolutionnaires !

Numéro 118, mars-avril 2018

Mots-clés