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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 77, septembre-octobre 2011

Présidentielles : Philippe Poutou, une candidature lutte de classe

Mis en ligne le 25 septembre 2011 Convergences Politique

La campagne du NPA et de son candidat Philippe Poutou, militant ouvrier à l’usine Ford de Blanquefort (Gironde), est donc partie.

Et, de notre point de vue, bien partie quant à l’orientation politique qu’il entend lui donner, au vu du discours fait à l’Université d’été du parti, qui annonçait sa volonté de mener campagne sur un programme pour les luttes et sur les objectifs que devraient et pourraient se donner les futurs mouvements d’ensemble des travailleurs. Dans le contexte actuel, alors que les classes possédantes du monde entier utilisent la crise pour développer l’offensive contre le monde du travail et aggraver l’exploitation, c’est bien là la tâche des révolutionnaires. Une tâche prioritaire et permanente, que nous soyons hors élection ou en période électorale – mais en France quand sommes-nous réellement en période non électorale ?

Aujourd’hui, dans ce pays, la classe ouvrière est très sceptique sur l’ensemble des partis et politiciens, gauche comprise, et leurs promesses électorales – et en cela, elle a bien raison. Plus grave pourtant – mais résultat de décennies de retournement de veste, de compromissions, voire de trahisons de ses soi-disant représentants – elle est sceptique aussi sur ses propres capacités d’imposer par la lutte le respect de ses droits, pour ne pas parler de mettre fin à l’oppression et à l’exploitation.

Aux militants lutte de classe de lutter contre ce scepticisme ! En se saisissant de toutes les occasions, d’abord évidemment en participant à tous les combats même limités, même dispersés, même le dos au mur, qui se livrent ici ou là – et ils sont nombreux en ce moment même – pour aider à démonter la prétendue impuissance des travailleurs. C’est d’ailleurs dans ces combats, petits ou grands, au coude à coude avec tous ceux qui y participent, militants de gauche ou syndicalistes mais aussi travailleurs du rang, que nous pouvons montrer l’utilité de l’unité, pour l’efficacité de la lutte.

Dans les élections, au contraire, il est normal que chacun présente et défende son programme, ses objectifs et ses orientations, le NPA comme les autres. Sur le terrain électoral l’unité entre gens qui ont des programmes différents est même en général néfaste. Tout particulièrement dans ces présidentielles comme dans les législatives qui suivent, où vu le système de scrutin qui n’a pas la moindre trace de proportionnalité, même une gauche de la gauche unie (en clair une alliance du NPA et du Front de gauche) n’a strictement aucune chance d’avoir des élus… sauf à faire alliance avec le PS, c’est-à-dire dans les circonstances actuelles allégeance.

Quant à l’idée qu’une gauche de la gauche unie pourrait au moins faire un score qui permettrait de peser sur le PS et sa politique quand il fournira les prochains présidents et gouvernement… il suffit de regarder ce que cette politique a valu au PCF. Non seulement il n’a eu aucune influence sur la politique des gouvernements de gauche, même ceux auxquels il a participé, mais il s’est délité au fil des décennies.

Pour que Philippe Poutou passe le barrage des 500 parrainages

Philippe Poutou risque de faire un faible score ! Il est moins connu que Olivier Besancenot. Il se heurte de plus, pour le moment, au scepticisme d’une partie des militants du NPA (relevons tout de même ici que c’est parmi ceux qui défendent d’habitude la participation coûte que coûte aux élections que se trouvent les plus hostiles à une candidature du NPA à ces présidentielles !).

C’est un risque. Mais quel risque ? Si sa campagne se fait dans le droit fil de la volonté affichée aujourd’hui, elle permettra, quel que soit le score final, de donner quand même un peu plus de résonance à la politique que nous devons de toute manière défendre.

Et s’il s’avérait que plusieurs candidats défendent peu ou prou la même orientation, Nathalie Artaud pour Lutte ouvrière, ou encore Jean-Luc Mélenchon pour le Front de gauche (ce que pour ce dernier nous ne croyons pas, mais de toute manière nous serons rapidement fixés), eh bien, on ne voit pas en quoi cela nuirait à cette orientation… et à la possibilité de s’unir sur le seul terrain qui comptera vraiment, celui des luttes.

Reste évidemment à donner à Philippe Poutou les moyens d’être réellement candidat. Pour cela le parrainage de 500 élus est indispensable. Cette condition a été explicitement établie pour barrer la route à des candidats comme notre camarade. C’est pour cela que nous entendons, dans la mesure de nos possibilités, aider à ce que l’obstacle soit franchi.

18 septembre 2011

Jacques MORAND

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Numéro 77, septembre-octobre 2011