Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 77, septembre-octobre 2011

Déclarations du PDG de Peugeot-Citroën : Les premières attaques de la rentrée du patronat

Mis en ligne le 25 septembre 2011 Convergences Entreprises

Lundi 12 septembre, le PDG du groupe PSA (Peugeot-Citroën), Philippe Varin, déclarait dans le Figaro : « Face à des perspectives commerciales dégradées en Europe, nous n’avons dès lors pas d’autre choix que d’accélérer les réductions de coûts ». Il s’agirait « d’ajuster de façon extrêmement stricte la production à la demande », de « réduire [l’]activité dans certaines usines » et du coup « d’adapter [le] volant d’intérimaires et de sous-traitance d’ici à la fin de l’année ». « Vous ne réduisez pas vos coûts si vous conservez vos effectifs inchangés », ajoutait-il dans une interview au Financial Times. Le même jour, la direction du groupe annonçait aux organisations syndicales la convocation pour le 22 septembre d’un Comité Central d’Entreprise sur le sujet.

Il s’agit donc de faire payer la fluctuation des ventes aux salariés, en premier lieu aux intérimaires (qui représentent, selon Varin, 10 % de l’effectif total en France) et aux prestataires de services, à coups de suppressions d’emplois, d’augmentation de la productivité, de surcharge de travail et de flexibilité et mobilité interne accrue.

En réalité, les projets du groupe ne datent pas du 12 septembre. Le 9 juin dernier, la CGT avait révélé une note secrète de la direction prévoyant la fermeture des sites d’Aulnay, de SevelNord et de Madrid. (Voir notre article, page suivante, sur les réactions à l’usine PSA d’Aulnay.)

PSA avait démenti par la voix de son PDG, affirmant : « La fermeture d’Aulnay et de Sevel Nord n’est pas d’actualité ». Ce n’était qu’une « hypothèse » de travail, un scénario « caduc »… Le ministre de l’Industrie, Éric Besson, y rajoutait son couplet : il avait vu Varin qui l’avait rassuré. Ajoutant en fronçant les sourcils : « Ce plan aurait été inacceptable pour les pouvoirs publics. L’État a prêté six milliards d’euros à Peugeot et Renault au plus fort de la crise. Nous n’aurions jamais pu accepter qu’après avoir pu traverser la crise grâce au soutien de l’État, Peugeot délocalise ». Tu parles !

En cette rentrée, Varin le reconnaît à demi-mot, les réductions de coûts et la préparation de la fermeture de certains sites étaient bien dans ses cartons. Interrogé sur l’avenir de l’usine d’Aulnay après 2014, date de la fin du montage de la C3, il se contente de répondre que c’est un problème, surtout dans le domaine des petites cylindrées, car « nous faisons face à des concurrents qui produisent en Europe centrale où le coût horaire est trois fois moins élevé qu’en France ». Tout est dit.

Surtout, dès ce début septembre, les premières mesures du plan secret révélé en juin ont commencé à tomber sur l’une des trois usines menacées, celle de Madrid. La direction y annonce un plan de réduction de la production : de nouvelles périodes de chômage partiel entre le 6 octobre et le 31 décembre et, surtout, la mise en « suspension de contrat » pour trois mois de chacun des ouvriers de l’usine à tour de rôle pendant l’année 2012 (la période pourrait aller jusqu’à six mois pour les ETAM). Une méthode qu’autorise la loi espagnole : la période de chômage étant payée par l’État (plus précisément la région) à 60 % du salaire.

Pourtant les choses vont bien pour PSA. 2011 a été une année record pour le secteur automobile : la production mondiale est en augmentation constante, notamment grâce à la demande des pays émergents (Chine, Russie, Inde et Amérique latine). Varin rappelle lui-même qu’« à la fin du premier semestre [2011], notre dette a été ramenée à 1,6 milliard d’euros, et nous disposons de 11 milliards d’euros de sécurité financière ». Mais il dit anticiper un revirement du marché.

Manifestement, les patrons sont pressés d’utiliser la menace de la récession pour réduire leurs effectifs, abaisser le coût du travail, quitte à précipiter celle-ci. Les ouvriers de Madrid pourraient bien, très bientôt, se rebiffer et donner là-bas une autre ampleur au mouvement des « indignés ». Et être rejoints dans la lutte par ceux d’Aulnay, Sevelnord et bien d’autres. Pour l’interdiction des licenciements.

13 septembre 2011

Léo BASERLI

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article

Abonnez-vous à Convergences révolutionnaires !

Numéro 77, septembre-octobre 2011

Mots-clés