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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 77, septembre-octobre 2011

SNCF : Exit les vendeurs ?

Mis en ligne le 25 septembre 2011 Convergences Entreprises

Lundi 5 septembre, les vendeurs des deux gares de Lyon – Part-Dieu et Perrache – ont cessé le travail. La grève a été très bien suivie. Témoin du ras-le-bol montant dans la profession : les files d’attente s’allongent à la mesure des postes qui fondent.

Un mouvement parmi d’autres, appelé à se répéter dans les mois qui viennent. La direction a partiellement reculé : elle s’est engagée à créer douze postes (dont sept étaient déjà annoncés) et a retardé la restructuration concernant les deux gares du premier trimestre 2012 au… premier semestre de la même année. Trois mois de répit !

Le prétexte Internet

C’est que son plan – sobrement intitulé Vision 2015 – dépasse largement la ville de Lyon : la moitié des 8 000 vendeurs sont dans le collimateur. L’argument choc ? Internet ! Le site voyages-sncf.com, lancé il y a plus de dix ans, réalisait 7,5 % des ventes en 2003, contre près de 35 % aujourd’hui.

Autant d’activité en moins pour les guichets ? Pas si simple. Environ la moitié des achats ont encore lieu dans des points de vente, soit dans les guichets des gares, soit dans les boutiques SNCF, soit via les automates. À cela il faut ajouter les nombreuses requêtes auprès des vendeurs qui suivent un achat automatisé : échanges de billets, mauvais fonctionnement de l’automate, impression de titres de transports, annulation de trains, etc. Mais, pour la direction de la SNCF, seules les « interactions donnant lieu à une transaction financière » sont enregistrées. Les files d’attente de plus en plus longues sont pourtant bien la preuve de l’utilité des vendeurs. Le projet Vision 2015 se fixe comme objectif que la part des guichets dans les ventes passe de 36 % aujourd’hui à 15 % dans trois ans.

Objectif rentabilité

Premières cibles, les boutiques : installées récemment dans les centres-villes ou à proximité des gares, elles sont déjà promises à la fermeture. Suivent les guichets eux-mêmes. C’est parfois à l’occasion de travaux que les cheminots découvrent que des batteries de guichets disparaissent – et des batteries d’emplois avec. À Paris Gare de Lyon, 38 postes seront supprimés à l’issue de la rénovation. À Paris Saint-Lazare, 21. Même les petites gares à guichet unique de province ou de banlieue sont touchées. Alors que la règle (qui souffrait déjà bien des exceptions) voulait qu’un vendeur soit présent du « premier au dernier train », le service ne sera désormais assuré que de 9 heures à 17 heures, ce qui permet de supprimer un poste. Peu pratique pour la majorité des salariés qui partent plus tôt et reviennent plus tard ? Mais, justement, la baisse du chiffre d’affaires de ces points de vente servira d’argument pour les fermer purement et simplement !

L’ampleur prévue des suppressions de postes est telle que les départs en retraite n’y suffiront pas. D’où des pressions systématiques décidées de très haut. L’encadrement est très pointilleux, parfois agressif. Et le sous-effectif est organisé dès maintenant, en gelant simplement les recrutements, alors qu’ils sont pourtant budgétés. Aux travailleurs qui s’en plaignent, la réponse est la même de Lille à Marseille : les candidats sérieux ne se bousculeraient pas au portillon. Difficile à avaler, en ces temps de chômage massif [1] !

Les conditions de travail se détériorent donc à grande vitesse, entraînant une épidémie d’arrêts maladies [2] et de postes non tenus, ce qui aggrave à nouveau le sous-effectif. Un cercle vicieux. À tel point que de nombreux points de vente ne parviennent à fonctionner péniblement que grâce à des renforts de travailleurs en CDD… ou ne fonctionnent plus du tout, avant que la direction ne régularise ou n’officialise leur non-tenue par une suppression !

La nécessaire riposte

Rien ne dit que les vendeurs se laissent faire. Les ventes par Internet continueront de monter en puissance ? Certainement, et tant mieux. Cela permettrait d’alléger la tâche souvent ingrate de milliers de salariés, voire de diminuer le temps de travail. Mais non pas de supprimer des milliers de postes et d’augmenter d’autant un chômage déjà massif. La colère des vendeurs rencontre celle de bien d’autres services de la SNCF, soumis aux mêmes coupes sombres.

13 septembre 2011

Raphaël PRESTON


[1La CGT organise d’ailleurs elle-même des recrutements pour prouver que les candidats sont nombreux.

[2Que la direction dit combattre… en renforçant les contrôles à domicile !

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Numéro 77, septembre-octobre 2011

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