Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 77, septembre-octobre 2011

Licenciements et suppressions d’emplois : et si l’histoire ne se répétait pas ?

Mis en ligne le 25 septembre 2011 Convergences Politique

Comme un air de déjà vu. Vendredi 16 septembre, les salariés d’Alcan-Softal à Ham dans la Somme, ont piqué un coup de colère et retenu cinq membres de la direction venus visiter l’usine. La raison : un plan social prévoyant 123 suppressions d’emplois sur 207, avec une fermeture de site comme horizon. La gendarmerie a profité de la nuit pour faire sortir en catimini les directeurs par un trou percé dans le grillage, fuyant comme des voleurs. Tout un symbole.

L’histoire de cette usine de production de profilés en aluminium ressemble à celle de beaucoup d’autres. Faisant partie à l’origine de Péchiney, le groupe a été racheté par le géant canadien Alcan pour quatre milliards de dollars en 2003. Puis par Rio Tinto, le géant minier anglo-australien, en 2007. Rebelote en 2011, mais en pire : 51 % d’Alcan EP sont cédés à un fonds d’investissement américain, et 10 % au Fonds Stratégique d’Investissement, le fameux FSI créé par l’État français, prétendument pour sauver l’industrie. Rio Tinto Alcan a conservé le solde du capital, soit 39 %. La nouvelle société a pris le nom de Constellium avec comme cadeau de baptême, un plan de restructuration.

Un air de déjà vu. Depuis 2008, les vagues de fermetures de sites et les licenciements se succèdent. Les travailleurs résistent, se révoltent, séquestrent ou menacent de faire sauter leur usine. Ils se font craindre, respecter, réussissent parfois à vendre chèrement leur peau, parfois gagnent du sursis. Mais le répit est de courte durée. Et, depuis quelques mois, les attaques sur l’emploi reprennent de plus belle.

Coordonner nos luttes avant que la liste s’allonge

Il y a d’abord eu les fuites concernant les fermetures à venir des sites Citroën d’Aulnay en Seine-Saint-Denis et de Sevelnord à Hordain dans le Nord. Près de 6 000 salariés concernés. Sans compter les sous-traitants comme les 500 salariés de Magneto d’Aulnay.

À l’usine Still de Montataire dans l’Oise, les 185 salariés et les 70 intérimaires qui fabriquent des chariots élévateurs ont appris en juillet, juste avant les vacances, la fermeture de leur site d’ici un an. En 2005, la direction leur avait pourtant imposé une augmentation de 10 % du temps de travail sans compensation de salaire au nom du sauvetage de l’usine. De quoi prendre le mors aux dents.

À la rentrée de septembre, la direction de Goodyear à Amiens est aussi repassée à l’attaque, relançant son projet de vente à Titan. Mais Titan ne reprenant que le secteur du pneu agricole, les 847 salariés du secteur tourisme sont sur la sellette. Et, pour mieux faire passer son plan, la direction veut couper la tête de la résistance en licenciant quatre élus syndicaux.

Et la liste de sites menacés s’allonge : Arcelor-Mittal à Florange (Moselle), les Fonderies du Poitou à Ingrandes (Vienne), Fralib à Gemenos (près de Marseille), Faurecia à Nompatelize (Vosges), Lactalis à Xertigny (Vosges), MBF à Saint Claude (Jura), Schneider Electric à Bourguebus (Calvados), M-Real à Alizay (Eure), Gefco à Poissy (Yvelines), Anovo à Brive (Corrèze), Veninov à Vénissieux (Rhône), Ontex à Arnas (Rhône)… Sans oublier Freescale à Toulouse (Haute-Garonne) ou Ford à Blanquefort (Gironde). Ou encore les suppressions d’emplois dans le secteur public : hôpitaux, Éducation nationale, SNCF, La Poste...

Oui, du déjà vu. Un cycle infernal qui recommence. Comme en 2008-2009 : Continental, Molex, Caterpillar, Freescale, New Fabris… Une vague de licenciements où les travailleurs se sont battus, mais chacun dans leur entreprise. Il y a bien eu des tentatives de rompre cet isolement, de faire converger les luttes. Comme celle des salariés de New-Fabris en juillet 2009 qui, s’adressant directement aux salariés des autres entreprises, ont posé les jalons d’un « Collectif contre les patrons voyous et licencieurs ».

Aujourd’hui, cette coordination des luttes est plus que jamais nécessaire. Ce n’est qu’en créant un rapport de force général que nous stopperons cette nouvelle vague de licenciements. C’est à notre portée.

17 septembre 2011

Gilles SEGUIN

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article

Abonnez-vous à Convergences révolutionnaires !

Numéro 77, septembre-octobre 2011

Mots-clés