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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 41, septembre-octobre 2005 > DOSSIER : L’impérialisme français en crise ?

DOSSIER : L’impérialisme français en crise ?

Portrait d’un trust français : Renault

Mis en ligne le 20 septembre 2005 Convergences Entreprises

En février 2005, Renault publie les meilleurs résultats de toute son histoire : 3,5 milliards d’euros de bénéfice net, en hausse de 40 %. 4e constructeur mondial avec 5 millions de voitures produites chaque année, le groupe pèse désormais plus lourd en Bourse que General Motors ou Ford, pourtant respectivement n° 1 et n° 3 mondial. À l’évidence, la situation du groupe au début des années 1980, replié sur un marché national et européen, concurrencé par les entreprises japonaises, appartient au passé. La situation serait même presque inversée : aujourd’hui Renault fabrique 47 % de ses véhicules hors de France, alors que Toyota, n° 2 mondial, en construit moins de 40 % hors du Japon.

Cette mutation commence avec une grande offensive contre l’emploi et les salaires. En 1985, 21 000 postes sont supprimés et les hausses de salaires sont plafonnées à 0,5 %. L’augmentation de la productivité, elle, est fulgurante : un ouvrier fabrique en moyenne et par an 14 véhicules, 3 fois plus qu’en 1984. Dans les années 1990, Renault ferme les usines de Billancourt, de Setubal au Portugal, de Creil, une unité de production en Espagne, puis Vilvoorde en 1996 (3 100 licenciements). En 2003, l’abandon de Matra Auto entraîne la fermeture de l’usine de Romorentin - 1 000 suppressions d’emplois. Dans le même temps, Renault continue de profiter de son statut d’entreprise nationalisée : entre 1985 et 1987, deux plans de recapitalisation gonflent ses caisses de 32 milliards de francs.

Ainsi, à partir de 1987, les bénéfices explosent : 3,6 milliards en 1987, 9 milliards en 1989. L’ère de la conquête des marchés étrangers peut s’ouvrir. Sur un rythme frénétique.

1998 : construction d’une usine au Brésil (3 milliards d’euros). 1999 : fusion avec Nissan, n° 2 au Japon, fortement implanté aussi aux USA, au Mexique, etc., dont Renault acquiert 44 % des parts. 5 ans plus tard, après restructuration (fermeture de 5 usines, suppression de 21 000 emplois, soit 14 % des effectifs), Nissan affiche le plus gros taux de profits... de toute l’industrie automobile mondiale. La même année : rachat du roumain Dacia (11 000 licenciements) qui devient en 2005 le 2e producteur dans les pays de l’Est. 2000 : acquisition du coréen Samsung, achat de l’écurie de Formule 1 Benetton, fusion de la branche camion de Renault RVI (25 000 personnes) avec Volvo. Renault devient 2e producteur mondial de camions. Depuis, Renault s’est aussi implanté en Russie, au Maroc, en Colombie, en Turquie et en Iran.

À l’heure où le gouvernement en appelle au « patriotisme économique », décrète la protection des « secteurs stratégiques » français contre les OPA étrangères, qu’on se rassure : Renault est depuis longtemps parti à la conquête du monde.

Agathe MALET

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