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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 41, septembre-octobre 2005

USA : une remontée du mouvement anti-guerre ?

Mis en ligne le 20 septembre 2005 Convergences Monde

Ci-dessous une correspondance de camarades de Speak Out, un groupe de militants californiens en solidarité politique avec la Fraction de Lutte Ouvrière

En juillet 2005, 16 mois après à la mort de son fils de 24 ans en Irak, Cindy Sheehan a décidé d’entamer une veille devant le ranch de Bush à Crawford (Texas). Elle déclare alors qu’elle restera là jusqu’à ce que le président la rencontre et lui explique les raisons du sacrifice de son fils. Bush l’a d’abord ignorée. Puis devant la publicité faite à sa démarche, s’est senti obligé de dire son respect, tout en refusant toujours de la rencontrer.

Depuis, d’autres familles de militaires l’ont rejointe, ainsi que des vétérans d’Irak et du Vietnam, des militants pacifistes et des personnalités. Elle a réussi à redonner force au mouvement anti-guerre qui avait sérieusement pris du plomb dans l’aile. Et quand Bush prend alors la décision de partir de Crawford pour se rendre dans un coin des États-Unis qu’il juge vierge de toute protestation anti-guerre, il se fourvoie. À Salt Lake City (Utah), bien connu pour son conservatisme, il est accueilli par une manifestation de 1 500 personnes, dont le maire. Dans l’Idaho, il a du faire face à 1 000 manifestants. Le 17 août, dans tous les coins du pays, ce sont 100 000 personnes qui ont exprimées leur soutien à Cindy Sheehan.

La fin de l’union sacrée ?

Par son action, elle a ainsi brisé l’union sacrée mise en place lors de l’élection présidentielle qui transformait toute critique de la guerre en acte « anti-patriotique ». Les démocrates, menés par Kerry, avaient alors même fait campagne pour... augmenter la présence militaire dans le Golfe. Résultat : la plupart des groupes anti-guerre avaient abandonnés leurs positions pour soutenir les démocrates sous la bannière « N’importe qui sauf Bush ». Et l’extrême gauche qui avait maintenu son opposition à la guerre ne parvenait plus guère à mobiliser que quelques milliers de manifestants.

Le message de Cindy est simple : le seul moyen d’assurer la sécurité des troupes est de les faire rentrer au pays. Et elle est d’autant mieux entendue que son action s’inscrit dans un contexte où, phénomène inédit ici, les familles des victimes sont en train de devenir la force d’opposition la plus virulente contre la guerre. Il faut rappeler que la guerre a coûté à ce jour la vie de près de 2 000 soldats américains, mais même dans les dernières années de la guerre du Vietnam, rien de tel n’avait vu jour.

Et celle de Bush ?

Elle a montré aussi ce qu’une action de personnes ordinaires, même isolée au départ mais courageuse et déterminée, peut déclencher quand elle correspond à un sentiment politique plus large. En août, il n’y avait plus que 34 % de la population qui soutenait l’action de Bush en Irak. Une popularité plus faible encore que celle de Nixon au moment du scandale de Watergate.

Sur ce est survenue la tragédie liée à l’ouragan Katrina qui a déplacé l’attention des médias et de la population mais sans profit pour Bush. Les reporters se sont engouffrés dans des endroits dévastés- où les autorités prétendaient ne pas pouvoir envoyer de secours- pour montrer des villes américaines laissées à l’abandon, dans la situation de celles du Tiers-Monde, les survivants engoncés jusqu’au torse dans des eaux souillées pour sauver un peu de nourriture ou un enfant. Et en face Bush et son cabinet qui avaient un mal de chien à mettre un terme à leurs vacances. Quand le président s’est enfin dépêché sur les lieux, c’était dans les endroits les plus sûrs, avec pour priorité de se faire prendre en photo, à l’heure où les victimes de l’ouragan n’avaient toujours pas d’eau potable. Et le lendemain, alors que des médecins et du personnel médical travaillaient enfoncés dans les eaux, Bush se prélassait sur un terrain de golf.

Nombreux ont été ceux à pointer du doigt que la garde nationale avec une grande partie de son équipement et de ses fournitures en Irak n’a pas pu apporter les secours nécessaires ainsi que le contraste entre une guerre qui a coûté 300 milliards de dollars et les coupes sombres dans le budget destiné aux digues qui auraient du protéger la Nouvelle-Orléans. La rage et le dégoût se manifestent aux quatre coins du pays.

Le mécontentement parviendra-t-il à s’organiser pour se constituer en une force politique ? Les semaines à venir le diront. Le week-end du 24 septembre, une manifestation de masse est prévue à Washington, avec des rassemblements de moindre envergure à San Francisco, Los Angeles, New York et Chicago.

10 septembre 2005

Lisa CALLI

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