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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 134, décembre 2020

Éditorial

Leur « sécurité globale » dope nos révoltes !

Mis en ligne le 1er décembre 2020 Convergences Politique

Depuis la mi-novembre, les manifestations sont allées crescendo un peu partout dans le pays contre le projet de loi dit de « sécurité globale » et son article 24 qui veut pénaliser la diffusion d’images des forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions. Samedi 28 novembre, ce fut un raz-de-marée dans la plupart des villes : cortèges d’organisations syndicales, d’associations et de groupes politiques, mais aussi et surtout de nombreux jeunes et moins jeunes poussés à descendre dans la rue par leur indignation, leur conscience, leur crainte qu’on bascule dans un système de plus en plus autoritaire. Ces quelques centaines de milliers de personnes dans la rue, certainement pas prêtes à lâcher leurs exigences démocratiques, ont semé le trouble jusque dans les rangs de la majorité macroniste et il ne fait pas de doute que s’ouvre, pour Macron et son gouvernement, une crise politique.

Trop, c’était trop

D’abord ce projet de loi osant proposer que, dans la pratique, ni les journalistes ni toute autre personne ne puissent plus filmer et montrer les violences policières. Sous prétexte que ce serait malveillant ! Puis arrive l’image odieuse des flics tabassant de jeunes migrants et leurs soutiens place de la République à Paris – coups de pied et de matraque contre de jeunes Afghans n’ayant plus que leur tente pour survivre après l’opération de police qui les a chassés de leur campement. Enfin les images de Michel, ce producteur de musique – noir – qui se fait lyncher par les flics dans son studio, avec usage de gaz lacrymogène. La vidéosurveillance – heureusement qu’il y avait des images ! – montre des policiers continuant de le frapper alors même qu’il est à terre. Continuant même à le bourrer de coups de poing à l’extérieur de son domicile – heureusement qu’un voisin filmait ! Ces flics appellent même des renforts policiers à la rescousse, en mentant sur la réalité des faits.

Des violences qui s’ajoutent à celles que l’on connaît, et que parfois l’on vit, des violences que, tout récemment encore, des lycéens de 14 ou 15 ans ont subies quand ils luttaient pour un minimum de mesures sanitaires dans l’éducation…

Oui, honte à eux, qu’ils battent en retraite !

Aujourd’hui Macron, Castex, Darmanin et tous leurs députés lèche-bottes ne savent plus comment se dépêtrer de la situation. Macron dit qu’il a honte ! Castex essaie d’inventer une combine, une commission d’experts qui recadrerait ce fameux article 24 de la loi… ce que les députés prennent pour un crime de lèse-assemblée nationale ! Précisons que, à l’Assemblée, c’est surtout avec le plein des voix de droite et d’extrême droite que le projet de loi de sécurité globale a été approuvé. Même des députés macronistes ont chipoté… Mais la mobilisation, qui n’a pas dit son dernier mot, peut et doit les obliger, tous, à faire machine arrière, à remballer leur projet et bien d’autres choses encore, peut-être. Les manifestants demandent le retrait de l’article de loi, pourquoi pas le retrait de toute la loi, pourquoi pas la démission de Darmanin, du préfet de Paris Lallement, et, surtout, pourquoi pas le retrait de toute une politique insupportable pour les classes populaires.

Imposons l’exercice des libertés démocratiques

Cette loi arrive dans le contexte d’une intensification de la répression ces dernières années. Ceux qui nous gouvernent fourbissent des armes – en particulier en matière de maintien de l’ordre – en prévision des sacrifices accrus qu’ils voudraient nous imposer, en particulier pour nous faire payer leur incapacité à gérer la crise sanitaire sans dégâts économiques. Ils se préparent à réprimer si, demain, les pauvres et les exploités relevaient la tête comme un peu partout dans le monde.

Il s’agit donc non seulement de défendre nos libertés, mais aussi et surtout d’en arracher de meilleures et d’aller plus loin en posant le problème des libertés réelles dans une société où l’argent est roi et fournit à ceux qui ont du fric des moyens inaccessibles au plus grand nombre. L’enjeu du bras de fer engagé dépasse de beaucoup un simple article de loi.


Cette série d’articles sur la loi Sécurité globale sont tous issus des exposés faits lors de la réunion publique tenue sur Internet par la Fraction l’Étincelle du NPA dimanche 29 novembre 2020 à 15 heures. Le lecteur désireux de retrouver l’intégralité de ces exposés peut les lire sur notre site ou les réécouter sur la page Facebook de notre groupe : https://fb.watch/26pKKZQu9d/

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Numéro 134, décembre 2020