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Loi « Sécurité globale »

Nouvelles méthodes pédagogiques dans les lycées : l’apprentissage par la matraque

Mis en ligne le 1er décembre 2020 Convergences Politique

Une répression toute particulière frappe les plus jeunes, lycéennes et lycéens de 15 à 17 ans, à l’occasion de mobilisations.

Quand les lycéens se mobilisent

À la fin des vacances de la Toussaint, rentrée particulière car en plein « confinement »… mais pas pour les lycéens. D’où des appels d’organisations et réseaux lycéens à « bloquer », c’est-à-dire à se rassembler à la porte pour des protocoles sanitaires suffisants – en accord avec les enseignants prêts eux aussi à se mobiliser sur cette question.

Lyon, lycée Saint-Exupéry, le 5 novembre. Une vingtaine de lycéens se retrouvent tôt le matin.Trois voitures de la BAC arrivent. La police municipale est là aussi en renfort… Les flics chargent violemment : certains élèves sont projetés au sol. Dix sont plaqués contre les grilles de l’établissement et subissent un contrôle d’identité.

Les plus indignés refusent de rentrer à 8 heures malgré la levée du blocage et restent devant la grille. Un attroupement se forme peu à peu, avec pancartes, slogans écrits sur les murs, fumigènes… La suite est racontée par les lycéens eux-mêmes dans leur communiqué du 7 novembre (soit deux jours après les faits) :

« La police charge, les élèves partent en courant dans des rues adjacentes. La BAC les poursuit en voiture, ils renversent deux élèves qu’ils arrêtent […]. Les lycéen.nes interpellé.es se retrouvent assis.es par terre et menotté.es, un.e des deux élèves est giflé.e et son téléphone lui est confisqué. Un.e des élèves interpellé.es se fait cogner la tête contre les murs à plusieurs reprises, il est plaqué.e au sol puis fouillé.e. De part ce fait, un.e élève les insulte et est tout de suite interpellé.e puis mis par terre à côté de ses camarades arrêté.es. Un.e lycéen.e photographie ses camarades menotté.es et est tout de suite interpellé.e par la police. Son appareil photo lui est confisqué et fouillé ainsi que son téléphone, il est ensuite arrêté.e. »

Sept lycéens passeront la nuit au commissariat. Après des gardes à vue éprouvantes, ils sont mis en examen. Aujourd’hui ils attendent leur convocation au tribunal, après un premier passage devant le juge. Ils sont accusés de « participation à une manifestation armée en vue de commettre un délit, organisation d’une manifestation non déclarée, outrage à agent, violences sur agent et dégradation de biens publics »… Rien que ça !

La semaine suivante, lors d’une nouvelle tentative dans le même lycée, la police est là, encore plus tôt, et, après charges et violences en règle, ce sont les flics qui inspectent les carnets de correspondance, les emplois du temps et sacs. Ambiance…

L’escalade de la répression policière et judiciaire

En janvier dernier, contre les E3C, la mobilisation à la porte étant, d’expérience, périlleuse, des lycéens avaient privilégié d’intervenir et de protester à l’intérieur même des établissements, à l’occasion des épreuves… Mais, dans certains établissements, les flics n’ont pas hésité à pénétrer à l’intérieur. Gardes à vue comme première méthode pour calmer les jeunes (et les moins jeunes), puis poursuites… judiciaires ! Par exemple, à Vienne, dans le Rhône, au lycée Ella-Fitzgerald, le proviseur a lui-même porté plainte contre les lycéens. Après une première comparution devant le juge, ils sont tous les six mis en examen et sont en attente de procès.

La méthode est de plus en plus utilisée depuis les Gilets jaunes et les tentatives de lycéens de manifester leur solidarité avec eux. On se souvient de cette image choc : le 6 décembre 2018, 151 lycéens de Mantes-la-Jolie, dont certains âgés de 15 ans, étaient mis à genoux, les mains sur la tête, pendant des heures, puis interpellés pour avoir osé bloquer leur lycée ! Les brigades de la BAC qui débarquent sur les lycées pour faire peur et arrêter les lycéens – après s’être fait largement la main, signalons-le, sur les jeunes de banlieue – sont en service commandé. Les ordres viennent de haut. Il s’agit de dissuader les jeunes de protester et de s’organiser pour refuser des politiques contraires à l’intérêt général.

Ainsi les premières expériences de mobilisation s’accompagnent-elles de premières rencontres avec les forces de répression. Qui dissuadent… ou enseignent et aguerrissent ! Non, il n’y aura pas de pays « qui se tient sage » !


Cette série d’articles sur la loi Sécurité globale sont tous issus des exposés faits lors de la réunion publique tenue sur Internet par la Fraction l’Étincelle du NPA dimanche 29 novembre 2020 à 15 heures. Le lecteur désireux de retrouver l’intégralité de ces exposés peut les lire sur notre site ou les réécouter sur la page Facebook de notre groupe : https://fb.watch/26pKKZQu9d/

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Numéro 134, décembre 2020