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Culture

Film

Les Sept de Chicago, de Aaron Sorkin

Mis en ligne le 30 novembre 2020 Convergences Culture

Ce film, visible sur Netflix depuis le 16 octobre 2020, retrace un procès historique aux États-Unis : celui des « Sept de Chicago » (huit en réalité pendant une partie du procès) accusés à tort par l’administration Nixon, qui savait pertinemment qu’il n’en était rien, d’avoir organisé les violentes émeutes qui se déroulèrent pendant la convention nationale démocrate d’août 1968.

Un vrai complot du gouvernement pour en inventer un de toutes pièces !

Sept activistes anti-guerre du Vietnam, d’organisations diverses, et même concurrentes, pour la plupart étudiants, comparaissent donc devant la justice lors d’un « procès politique » comme ils le dénoncent. À leurs côtés, le huitième homme, un des leaders des Black Panthers, Bobby Seale, présent à Chicago quelques heures seulement au moment des faits !

Face à eux, un vieux juge, autoritaire, odieux, qui semble avoir décidé dès le début du procès que les accusés sont coupables.

Le sort réservé à Bobby Seale, lors d’une scène insoutenable, fait même réagir le jeune procureur ambitieux !

Mené tambour battant, avec des allers-retours entre la salle d’audience et le déroulement du procès, l’élaboration de la défense par le comité de soutien et les flash-back dans les événements de l’été 1968, le film est passionnant.

D’abord parce qu’il nous plonge dans une période intense du mouvement contre la guerre du Vietnam et pour les droits civiques, avec toute la violence déployée par l’appareil d’État américain pour le faire taire.

Parce que les accusés représentent un échantillon de cette jeunesse révoltée, frondeuse et libertaire dont la plupart des membres sont rentrés dans le rang… tel Tom Hayden, devenu sénateur démocrate.

Ensuite car le film montre autre chose : l’administration Nixon, sa justice, sa police, a beau être particulièrement vindicative envers cette jeunesse estudiantine mobilisée, insolente… mais blanche, ce n’est rien à côté du traitement qu’elle réserve aux militants noirs. Il y a déjà le déni des droits de Bobby Seale. Sans oublier l’exécution pendant le procès, dans son lit, par la police fédérale et locale, du responsable des Black Panthers de Chicago, Fred Hampton, jeune militant de 21 ans.

Bien sûr, le réalisateur n’est pas exempt d’arrière-pensées : démocrate opposé à Trump, il montre tout l’intérêt à se débarrasser d’une administration qui ressemble, par ses mensonges et sa violence, à celle de Nixon. Son propos ne va pas jusqu’à remettre en cause l’ensemble de ce système d’oppression.

Ce qui n’enlève rien au fait que le film est percutant, avec des dialogues incisifs, souvent drôles : une vraie réussite !

Liliane Lafargue

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Numéro 134, décembre 2020

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