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DOSSIER : L’Éducation nationale à la croisée des chemins ?

Forcer le ministère à embaucher

Mis en ligne le 29 septembre 2022 Convergences

En cette rentrée 2022, les 7 900 postes d’enseignants supprimés par Macron et Blanquer ces cinq dernières années manquent cruellement. Ils représentent l’équivalent de 175 collèges rayés de la carte !

Comment a-t-on évité que ces suppressions d’emplois – surtout des départs en retraite – ne renvoient à la maison des milliers d’élèves ? D’abord, en diminuant le nombre d’heures de cours au programme. On estime qu’en français cela équivaut à une année en moins au collège ! Comme si ce dernier durait trois ans et pas quatre.

Ensuite, en augmentant l’effectif des classes. En Normandie, le nombre d’élèves maximal par classe est ainsi de 28 en 6e, 30 de la 5e à la 3e, et 35 au lycée général. Tel collège qui accueille 175 3e pourrait ouvrir sept classes de 25 élèves ? Que nenni ! Il les entassera dans cinq classes à 29 et une à 30. Les directions départementales (DSDEN) poussent même les établissements les moins combatifs à dépasser ces plafonds, alors qu’elles les ont décrétés elles-mêmes ! Et tant pis s’il manque des chaises, en particulier lorsque des élèves « à besoins particuliers » (dyslexie, dyspraxie, etc.) sont enfin aidés par une AESH…

Enfin, le ministère a doublé le nombre des heures supplémentaires qu’un prof de collège ou de lycée n’a pas le droit de refuser, de une à deux heures hebdomadaires, soit 10 % à 13 % du temps de service devant les élèves. Et chaque établissement est contraint d’accepter un certain volume de ces heures supplémentaires. Tant que les volontaires – et longtemps le blocage des salaires a aidé à en trouver – suffisaient à absorber ce volume, seule une minorité s’alarmait de voir ainsi disparaître des postes entiers. Mais maintenant qu’on impose à tous d’y prendre part, la colère monte. D’autant que les heures supplémentaires ne sont pas majorées et coûtent même moins cher au ministère que les « heures poste » !

Au final, la charge de travail des enseignants du secondaire s’est nettement alourdie. Cela explique le ras-le-bol accumulé, les arrêts maladie en hausse et un nombre record de démissions – près de 2 300 l’année scolaire dernière.

Liliane Lafargue

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Numéro 147, septembre 2022