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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 89, septembre-octobre 2013 > Retraites

Retraites

Retraites : Attention, de dangereux pickpockets opèrent dans ce gouvernement !

Mis en ligne le 29 septembre 2013 Convergences Politique

Question retraites, le gouvernement prétend nous faire les poches avec douceur, équité voire tendresse ! C’est tout juste s’il ne faudrait pas les féliciter de l’avancée sociale ! La droite apporte d’ailleurs de l’eau à ce moulin en critiquant une réforme timide, un gouvernement qui n’oserait pas tailler dans le vif. Idem de la part du FMI ou de la Commission européenne, qui dénoncent également la « réformette », « décevante » , « pas assez rapide ». Un âge légal de départ en retraite de 62 ans, ce serait trop bas !

Les ennemis des travailleurs se donnent la répartie ! Voilà pourtant une réforme pas si anodine que ça, qui rogne encore le niveau de vie des travailleurs en activité ou déjà en retraite, alors qu’aujourd’hui il faudrait au moins à tous 1 600, si ce n’est 2 000 euros mensuels pour vivre, vu l’augmentation des prix des denrées alimentaires, des loyers, des carburants pour se déplacer et se chauffer.

Il avait dit « contrat de génération » ? Merci à Hollande et ses ministres d’assurer aux jeunes une longue vie de travail, en l’occurrence à ceux nés en 1973 et après de devoir cotiser 43 ans pour avoir une retraite pleine (entendez par là 75 % seulement du salaire, grosso modo). Reste à savoir si, avec les petits boulots auxquels ils sont souvent condamnés, l’âge avancé auquel le chômage les condamne à commencer de travailler, ces « jeunes » de 40 ans ou moins aujourd’hui atteindront les 43 ans de cotisation… avant la mort ! Ou s’ils partiront avant ces 43 ans fatidiques, avec une retraite minable, passée à la moulinette des décotes ! On comprend que les plus jeunes s’interrogent : « La retraite, en verra-t-on vraiment la couleur ? »... Surtout quand on voit le nombre d’annuités nécessaires augmenter d’année en année : 37,5, 40, 41, puis maintenant 43... Jusqu’à quand ?

Il est loin, le temps où le Parti socialiste se félicitait d’être le fier défenseur et artisan de la retraite à 60 ans ! Loin aussi le temps où les directions syndicales étaient quelque peu musclées sur la question. Certes, déjà en 1995 la CFDT de Nicole Notat trouvait juste et douce la réforme Juppé. Pourtant enterrée pour cause de grève générale ! La direction de la CFDT n’en persiste et signe pas moins, aujourd’hui. C’est évidemment le cas le plus pendable. Mais les autres confédérations, qui ont appelé à la journée du 10 septembre, n’ont pas eu la dent bien dure contre la réforme Hollande.

Les dirigeants de FO, signataires en mars dernier d’un accord sur les retraites complémentaires qui programme la baisse du pouvoir d’achat des retraités, étaient évidemment mal placés pour faire la leçon à la CFDT. Quant aux dirigeants de la CGT, s’ils ont dénoncé la réforme, ils ont oublié depuis belle lurette les 37 ans et demi ou les 60 ans ; comme les autres, ils s’embourbent dans le dialogue social orchestré par le gouvernement, ces sempiternelles réunions de négociations, où la tiédeur des salons les amène tous autant qu’ils sont à céder du terrain au patronat et au gouvernement. Sur le dos des travailleurs.

Bien que les directions syndicales n’aient donné, en cette rentrée, aucun signe indiquant qu’elles voulaient entamer le combat contre les patrons et le gouvernement à leur service, les mobilisations du 10 septembre n’ont pas été si maigres. Des militants et équipes combatives sur le terrain y ont probablement contribué. Les travailleurs du public comme du privé sont bien conscients de la nouvelle attaque flagrante contre les retraites. Ils voient surtout que ses conséquences s’ajoutent aux pertes de salaires, à l’hémorragie d’emplois, à la dégradation des conditions de travail introduites par la course à la compétitivité.

Bref, la colère monte avec les annuités ! L’affaire ne manquera pas d’une suite !

Le 16 septembre 2013

Michel CHARVET

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Numéro 89, septembre-octobre 2013

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