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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 76, juin-juillet 2011

Pour une candidature NPA lutte de classe, sans s’obnubiler sur les seules préoccupations électorales

Mis en ligne le 15 juin 2011 Convergences Politique

Les 25 et 26 juin se tient une conférence nationale du NPA à propos des élections présidentielles et législatives de 2012. L’enjeu : les alliances, l’orientation et, depuis le retrait d’Olivier Besancenot, la désignation du candidat ou de la candidate. Cela explique sans doute que les affrontements entre tendances se soient durcis, même si les élections ne doivent être ni la seule ni la principale cible de l’intervention d’un parti qui milite pour « la transformation révolutionnaire » de la société.

Ci-dessous la contribution de la Fraction L’Étincelle au bulletin de discussion publié en vue de la conférence.


Voilà donc toutes les forces du NPA jetées dans une nouvelle bataille interne en vue de la conférence nationale de fin juin.

Mais comment un parti militant pourrait-il se former sans confrontations internes ? D’autant plus dans le cas du NPA, tel qu’il a été voulu par ses initiateurs : un parti large sinon par le nombre de ses membres, du moins par le nombre de courants qu’il a rassemblés. Comment pourrait-on regrouper dans le même parti des tendances à la stratégie opposée, la voie révolutionnaire ou celle des réformes radicales pour la transformation de la société voulue par tous, sans que devant chaque événement important de la vie sociale et politique la confrontation reprenne. En fait ce sont les « principes fondateurs » et leurs ambiguïtés qui ont fondé cette confrontation permanente.

Pourtant si l’on examine la courte vie du parti, la confrontation s’est surtout faite à l’occasion des élections. À toute autre, lutte, grève ou mobilisation (et celle de l’automne dernier contre la réforme des retraites n’était pas moins importante que les élections régionales), nulle large discussion dans le parti. Chacun s’est activé ou pas à sa façon et a mené sa politique sans véritable centralisation.

Bien plus que les erreurs passées en matière électorale, c’est cette faiblesse de notre intervention dans la lutte de classe qui devrait être le véritable objet des congrès et autres conférences nationales.

L’importance démesurée accordée aux élections est une des raisons principales du départ de tant d’adhérents depuis deux ans. Difficile de maintenir les effectifs d’un parti qui apparaît surtout préoccupé par les élections, alors même que ses scores se réduisent au fil de celles-ci.

La conférence nationale doit donc d’abord définir les objectifs pour lesquels nous participerions aux présidentielles et législatives de 2012. Ce ne peut être seulement (même implicitement) de « faire des voix ». Le retrait d’Olivier Besancenot – quels que soient les mérites de la candidate ou du candidat qui le remplacera – ne peut laisser d’illusions. Dans la conjoncture actuelle – à moins que la place de la Concorde se transforme en place Tahrir… mais dans ce cas les élections ne seraient pas notre souci principal ! – peu de chance de faire le pourcentage qui redonnerait au parti les perspectives d’après 2007.

En revanche nous devons profiter de ces campagnes pour dénoncer le capitalisme et ses méfaits sociaux, politiques et écologiques (la raison d’être du NPA). Et, en nous appuyant sur les luttes qui existent ou ont eu lieu en Europe (y compris en France), dans le monde arabe et au-delà, apparaître comme le parti qui ose prétendre que le capitalisme peut être renversé. Sans en attendre un résultat immédiat, mais en nous posant comme le parti qui défend une perspective qui va bien au-delà de la simple nécessité de dégager Sarkozy et la droite.

En fait les trois textes proposés au vote des militants disent plus ou moins cela. Le débat réel est de savoir s’il faut passer ou pas des alliances avec d’autres partis de gauche, PG ou PC. C’est ce qui nous semble exclu dans la conjoncture actuelle (pas en soi et à jamais, bien sûr, mais aujourd’hui). Ces partis visent dans ces élections de tout autres objectifs politiques : une place dans le gouvernement ou dans un front de la gauche parlementaire ; faire des voix, en cultivant l’illusion qu’ils pourront peser sur les orientations d’un gouvernement dirigé par la PS, ou encore qu’un bon score de « la gauche de la gauche » arrêterait la progression du Front national. La question a été réglée d’ailleurs : ce sont ces partis qui ne veulent pas aujourd’hui de cette alliance avec le NPA.

Pour ces raisons nous appuyons le texte A et ses propositions pour préparer 2012. Oui, il faut désigner une candidate ou un candidat du NPA qui centrera sa campagne sur un programme pour les luttes du monde du travail, et chercher les 500 signatures nécessaires aux présidentielles (en même temps d’ailleurs qu’envisager des candidats au profil lutte de classe, y compris éventuellement dans et en accord avec d’autres organisations d’extrême gauche, pour les législatives). Sans oublier d’étudier sérieusement à quelles conditions financières ces présentations sont possibles.

Mais la nécessité d’aller aux élections ne doit pas faire passer au second plan ou détourner de la tâche principale de construction du parti : l’implantation dans la classe ouvrière, les salariés et les couches populaires par une présence quotidienne du parti auprès d’elles et son intervention indépendante dans leurs luttes.

Aurélien, Bernard, Christian, Hubert, Jacques, Florès, Hervé, Maria, Zara, pour la Fraction L’Étincelle

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Numéro 76, juin-juillet 2011

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