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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 67, janvier-février 2010 > DOSSIER : SNCF : du monopole d’État au trust multinational

DOSSIER : SNCF : du monopole d’État au trust multinational

Les bagnards de la SNCF

Mis en ligne le 16 février 2010 Convergences Entreprises

Les effectifs des cheminots des voies ont été réduits de moitié en quelques années. L’état du réseau en a bien sûr lourdement subi les conséquences. Et c’est sous ce prétexte que la SNCF s’est lancée dans ce qu’elle appelle « l’industrialisation de la maintenance ».

Finies les brigades qui avaient un terrain bien précis à entretenir et qu’elles connaissaient par cœur. Désormais, des équipes mobiles devraient se déployer sur une grande zone géographique : le pays serait divisé en... trois d’ici 2012 ! Les cheminots interviendraient sur des territoires qu’ils ne connaissent pas, ce qui ne peut qu’augmenter le risque d’accidents. Et plus question d’embaucher le matin dans les locaux habituels et de rentrer chez soi le soir : il faudrait dormir toute la semaine dans des préfabriqués au bord des voies !

Et encore... Pour les travaux de remise en état du RER C à la suite du déraillement du 20 décembre dernier à Choisy (Val-de-Marne), des cheminots de Metz et Nancy ont prêté main forte à leurs collègues locaux. Comme la direction, qui les avait pourtant débauchés, n’en était pas capable, ils ont été nourris et logés dans un gymnase par la mairie !

Pour l’instant, la direction fait appel à des « volontaires », qui ne se bousculent pas au portillon. Mais, comme elle veut boucler ce projet d’ici deux ans, il y a fort à parier que les mutations forcées dans ces équipes vont se multiplier. Au sein de celles qui existent déjà, le discours des chefs est clair : il faudrait être le plus productif possible pour espérer emporter les chantiers et les primes qui vont avec face à la concurrence... des autres équipes de cheminots affectées à la même zone !

La concurrence fait déjà rage sur les plus gros chantiers : les filiales de géants du bâtiment comme Colas Rail (Bouygues), Eurovia (Vinci) ou Wittfield (Eiffage) emportent une large majorité des marchés. Avec son système d’équipes mobiles, la SNCF cherche à transposer cette concurrence en son sein, pour faire pression sur les conditions de travail. Mais les cheminots des voies n’ont pas dit leur dernier mot.

S.L.

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Numéro 67, janvier-février 2010

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