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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 67, janvier-février 2010 > DOSSIER : SNCF : du monopole d’État au trust multinational

DOSSIER : SNCF : du monopole d’État au trust multinational

Eurostar : pour la SNCF, 55 % du tunnel !

Mis en ligne le 16 février 2010 Convergences Entreprises

Au 1er avril prochain, Eurostar devrait devenir une société « de plein droit », c’est-à-dire privée, filiale à 55 % de la SNCF. Pour l’instant, c’est un consortium entre une compagnie britannique (LCR), la SNCF et les chemins de fer belges (SNCB). L’entreprise, qui assure 75 % des allers-retours entre Paris et Londres via le tunnel sous la Manche, sera donc la première entreprise privée à intervenir dans le trafic international de voyageurs. Et la façon dont la direction de la SNCF a procédé relève du gag : elle brandit dans un premier temps la menace de la privatisation pour imposer ses pratiques managériales et ses intérêts sur le terminal Eurostar, et dans un deuxième, elle ramasse la mise, comme une fleur, en remportant la position dominante dans la toute nouvelle société privée.

En France, les salariés d’Eurostar sont encore des cheminots. La direction leur propose de garder leur statut mais d’être détachés pendant trois ans dans la nouvelle société. Quelles garanties pour l’avenir ? D’emblée, des horaires légèrement modifiés en leur défaveur. Mais surtout, à l’issue des trois ans, dans quelles conditions se feront les réintégrations dans la « maison mère », une SNCF qui s’applique à durcir les conditions de mobilité, en particulier pousser à accepter n’importe quel poste sur tout le territoire ?

La plupart des agents commerciaux d’Eurostar ont accepté ce deal. Beaucoup d’entre eux ont été embauchés directement au terminal Eurostar, savamment isolés des autres cheminots et objets de toutes les attentions du PDG qui leur a rendu plusieurs fois visite (pour s’assurer qu’ils restent) !

Les agents du transport (expéditeurs des trains) ou de la conduite (conducteurs et contrôleurs) y ont regardé à deux fois avant d’accepter le saut dans l’inconnu. Mais la plupart ont accepté de rester à Eurostar par crainte des pertes conséquentes de salaires que le changement d’affectation entraînerait. S’ajoute le fait que la direction doit former de nouveaux agents de transports et roulants : quand et comment dans ce nouveau cadre filialisé ?

Les directions syndicales mènent surtout une bataille juridique… Moins efficace pour sortir du tunnel qu’une petite explosion… de colère !

Henry MALOT

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Numéro 67, janvier-février 2010

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