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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 67, janvier-février 2010

Etats-Unis : l’industrie de la santé : très lucrative pour le secteur privé, désastreuse pour la population

Mis en ligne le 16 février 2010 Convergences Monde

Aux États-Unis l’industrie de la santé est florissante. Le pays consacre chaque année 15,8 % de son PIB (2 500 milliards de dollars) aux dépenses médicales. En 2008 les trois plus importantes compagnies d’assurance (United Health, Blue Shield et Aetna) ont réalisé un chiffre d’affaires de 153 milliards de dollars et versé un salaire de 10 millions de dollars (plus de 7 millions d’euros) à chacun de leurs principaux dirigeants. La même année les revenus des trois leaders du marché pharmaceutique (Pfizer, GlaxxoSmithKline, Merck) ont atteint 114 milliards de dollars.

Plus de profits, moins de soins

Si la population paie toujours plus pour les soins médicaux (+ 56 % depuis 2002), le service médical ne cesse de se détériorer, du fait notamment des sous-effectifs chroniques. Les listes de rendez-vous s’allongent, les salles d’attente sont bondées alors que la durée des consultations ne cesse de raccourcir (de 10 à 15 minutes par patient). Il faut attendre des heures pour une consultation aux urgences et plusieurs centaines de personnes par an meurent en salle d’attente. Environ un quart des patients souffrant de problèmes cardiaques doivent patienter plus d’une heure avant d’être examinés. Le personnel est débordé, avec de graves conséquences : taux d’infection en augmentation faute de nettoyage régulier des bâtiments ; délivrances erronées de médicaments par les pharmaciens hospitaliers qui n’ont pas toujours le temps d’effectuer une double vérification des ordonnances ; perte ou altération des analyses etc.

De tous les pays industrialisés, les États-Unis arrivent en tête quant au nombre de décès découlant des pratiques médicales. 783 936 décès chaque année sont liés à une prise en charge médicale insuffisante ou erronée, dont 106 000 causés par des réactions secondaires aux médicaments, 98 000 dus à des erreurs médicales et 88 000 à des infections nosocomiales.

Très chères assurances

Sur l’ensemble du pays environ 50 millions de personnes n’ont pas de couverture médicale car le coût moyen annuel d’un contrat d’assurance « bon marché » est de 4 400 dollars (3 150 euros) pour un personne seule et de 12 000 dollars (8 600 euros) pour une famille (alors même que le salaire minimum est de 11 700 dollars – 8 400 euros – par an). Il est très courant que des malades ne puissent aller se faire soigner à l’hôpital faute d’argent.

Les coûts prohibitifs des soins entraînent des tragédies. Pas loin des deux tiers des personnes en surendettement sont plombées par les frais médicaux, bien que la majorité d’entre elles aient souscrit une assurance santé. Car ce type d’assurance ne couvre pas toujours l’intégralité des frais. Il n’est pas rare que même avec une couverture médicale on soit malgré tout obligé de payer 60 % des dépenses et qu’une partie importante des frais engagés (transports en ambulance, opérations chirurgicales, nuitées à l’hôpital etc.) reste à la charge du patient. L’addition peut être si salée que les banques n’hésitent pas à saisir les logements familiaux dont la vente servira ensuite à régler les factures de soin. Chaque année quelque 15 millions de saisies de ce type sont liées à des impayés médicaux.

L’art d’annuler un contrat en cas de maladie grave

Lorsqu’une compagnie d’assurance est prévenue qu’un de ses assurés souffre d’une pathologie grave, elle va aussitôt mettre ses avocats sur le coup pour rechercher une raison d’annuler le contrat. Il y a eu des cas où les compagnies ont annulé des contrats en invoquant que le patient n’avait pas signalé une visite à l’hôpital effectuée... dix ans auparavant. De même si une prime est payée en retard ou n’est pas acquittée, les gens peuvent se voir supprimer leur assurance santé. Des patients souffrant de cancer, du SIDA ou d’insuffisance cardiaque sont donc condamnés à mort juste parce que les compagnies d’assurances ne gagnent pas assez d’argent avec eux. Quelque 22 000 personnes meurent chaque année dans ces conditions, faute de soins médicaux.

C. V.


Pour en savoir un peu plus sur le système de santé des États-Unis :

À voir  : L’excellent film de Michael Moore, Sicko, même si par comparaison il se fait une image très idéalisée du système français.

À lire  : Le thriller du romancier américain à succès John Grisham, L’idéaliste . La Great Benefit, une puissante compagnie d’assurance de Memphis, qui n’est pas à une magouille près, a refusé la prise en charge d’une greffe de la moelle épinière de l’enfant d’une famille pauvre. Le jeune avocat Rudy Bailor enquête, et découvre l’Amérique pauvre aux prises avec le système de santé… Presque tout est dit, et c’est haletant. (Éditions pocket-thriller. Autour de 7 €, et beaucoup moins d’occasion).

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Numéro 67, janvier-février 2010

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