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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 67, janvier-février 2010

Editorial

La retraite Proglio pour tous !

Mis en ligne le 16 février 2010 Convergences Société

Henri Proglio, le nouveau PDG d’EDF, vient de faire valoir ses droits à la retraite… de chez Véolia. À 60 ans et six mois, il n’a pas ses 40 annuités, le pauvre, à peine 38. Mais sa retraite Véolia sera néanmoins d’un million d’euros par an. Elle s’ajoute aux 1,6 million de son salaire EDF, puisque embauche des seniors et droit au cumul emploi-retraite font partie de la panoplie gouvernementale contre la misère des vieux.

Mais pour le commun des mortels, les caisses sont vides, nous explique le gouvernement, qui annonce une nouvelle réforme des retraites dans les mois qui viennent.

Martine Aubry, qui vise la présidentielle de 2012 s’est empressée de lui emboîter le pas, en proposant de passer l’âge de la retraite à 61 ou 62 ans. Le nez sur les régionales, les seconds couteaux du PS lui ont demandé de se taire… pour l’instant. Mais l’accord gauche-droite pour s’en prendre à nos retraites est d’ores et déjà annoncé.

Du côté des syndicats, les réactions ont été plus distantes, mais l’opposition à toute nouvelle attaque contre le régime des retraites pas forcément beaucoup plus ferme. La CFDT se dit pour une « réforme de fond ». Chérèque propose un système « individualisé », « respectant les choix personnels » et amenant chaque salarié à « prendre ses responsabilités », ce qui « relativise l’âge de départ à 60 ans ». Plus d’âge pour les braves ! FO et CGT se disent, eux, attachés aux 60 ans. Mais du retour au 37,5 années de cotisations, plus personne ne parle. Les deux se veulent tout autant cogestionnaires que la CFDT, et reconnaissent également qu’il y aurait un problème des retraites.

Pour les patrons, il n’est surtout pas question de mettre un sou de plus dans les caisses de retraites, au moment même où, pour étoffer leurs profits, ils restructurent et licencient à tour de bras, bloquent les salaires et font le chantage à l’embauche pour exiger de nouveaux dégrèvements de cotisation. La baisse du montant des retraites, comme les licenciements et le gel des salaires, fait partie de la baisse du coût du travail.

Du côté du budget de l’État, la part croissante du montant des retraites résulte d’abord de la réduction du nombre de fonctionnaires. Or Fillon vient de s’engager à réduire le déficit budgétaire de 8,2 % du PIB actuellement, à moins de 3 % en 2013. Les solutions : des coupes sombres dans les budgets des services publics, sur les effectifs des fonctionnaires, et pourquoi pas aussi sur leurs retraites.

Cette nouvelle attaque engagée contre les retraites n’est donc que l’un des volets de l’attaque générale : emplois, salaires, retraites, dégradation des services publics.

Mais où est-il ce problème des retraites, que tout le monde affirme insoluble à moins de prendre dans nos poches ? La faute à l’allongement de la durée de vie ? Soyons sérieux. Dans un rapport aux parlementaires, le Conseil d’orientation des retraites (qui regroupe des représentant du gouvernement, du patronat et des syndicats) rappelle le tableau de la prétendue catastrophe annoncée qu’il avait présenté en 2007 : le montant total des retraites passerait d’un peu plus de 13 % du PIB aujourd’hui à 14,7 %... en 2050. Si ce n’est que ça, 1,7 % du PIB en surcoût pour vivre plus vieux, ça vaudrait une dépense déjà comblée par des gains de productivité, qui font qu’aujourd’hui on produit bien plus de richesses en 30 ans de travail qu’en 40 ans il y a une vingtaine d’années.

Imaginez, en guise d’histoire fiction, des experts du gouvernement, du patronat et des syndicats devisant en 1910 aussi doctement qu’aujourd’hui, sur comment sauver les retraites de 1950, une crise économique et deux guerres mondiales plus tard ! Et si, pour ne pas connaître une fois de plus les catastrophes où le capitalisme a entraîné à deux reprises le monde au siècle dernier, on n’attendait pas 40 ans pour faire la révolution ?

7 février 2010

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Numéro 67, janvier-février 2010