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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 106, juin-juillet-août 2016 > Cheminots : quatre mois de lutte malgré tous les obstacles

Cheminots : quatre mois de lutte malgré tous les obstacles

Gare de l’Est : Grève et banderole XXL

Mis en ligne le 29 juin 2016 Convergences Entreprises

À Paris-Est, la mobilisation des cheminots démarre très fort dès le 9 mars avec des taux de grévistes très élevés chez les roulants. Durant les différentes journées de mobilisation qui ont suivi, entre mars et mai, beaucoup de cheminots étaient en attente d’un signal appelant à une grève dure reconductible, perçue comme une nécessité pour peser dans le mouvement général de contestation contre la loi travail, et pour gagner sur nos revendications.

Cela s’est concrétisé à partir du 18 mai. Nous étions nombreux en assemblée générale ce jour-là et les jours qui ont suivi (entre 100 et 150 cheminots), syndiqués Sud, CGT, FO et non-syndiqués confondus. Dès lors, nous avions un objectif clair qui était de renforcer le mouvement, en tentant de convaincre les collègues non-grévistes de nous rejoindre. Nous avons commencé à nous organiser, car cela nous paraissait indispensable de prendre en main notre grève et de décider nous-mêmes des tâches à mener pour atteindre notre objectif, indépendamment des mots d’ordre peu mobilisateurs dictés par les syndicats.

C’est d’abord au cours des assemblées générales que les grévistes ont été invités à former des équipes pour écrire un tract, pour tourner dans les services, pour faire des prises de paroles sur les piquets ou pour aller rencontrer et discuter avec les salariés en grève de la raffinerie de Grandpuits.

Très vite, il nous a paru indispensable de réunir les militants actifs de la grève au sein d’un comité de mobilisation, juste avant les assemblées générales quotidiennes. Ce comité était ouvert à tous, nous y discutions de la manière de s’adresser aux collègues non-grévistes, chantier par chantier, mais aussi de la situation politique générale.

Des rassemblements ont été organisés au piquet de l’atelier de Noisy-le-Sec et à celui de l’Ourcq. À l’ingénierie, nous avons organisé plusieurs tournées dans les bureaux. Le matin nous avons régulièrement tenu des permanences pour discuter avec les collègues qui faisaient grève 59 minutes en début de journée. Ce qui nous a permis d’entraîner quelques cheminots de plus dans la grève.

Nous devions également nous voir pour discuter du contenu des tracts et des banderoles et pour organiser des actions en convergence avec des salariés d’autres secteurs en lutte, comme une manifestation dans l’aéroport avec les salariés de Roissy. Le comité a aussi organisé une action spécifique en direction des usagers, pour contredire la désinformation médiatique quotidienne : des affiches et une grande banderole de 20 mètres accrochée dans la gare pour rendre visibles nos tractages intensifs à l’arrivée des trains. L’excellent accueil nous a incités à lancer une pétition pour le remboursement du passe Navigo pendant la grève.

Les réactions des syndicalistes de Paris-Est, quelle que soit l’étiquette, à l’encontre de ce comité de mobilisation, furent contrastées, oscillant entre bienveillance et indifférence feinte. Jamais ils ne s’y sont opposés frontalement. Ce comité fut un point d’appui pour tous les grévistes convaincus que la grève leur appartenait.

Stella MONNOT

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Numéro 106, juin-juillet-août 2016