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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 100, juin-juillet-août 2015

Éditorial

Expulsions de La Chapelle : L’ignominie au pouvoir

Mis en ligne le 27 juin 2015 Convergences

Les migrants de La Chapelle, à Paris, expulsés par la police, comme leurs frères de Vintimille bloqués à la frontière franco-italienne, ne s’en sont peut-être pas aperçus : mais si, mais oui, la France est une terre d’accueil, ô combien humanitaire, comme dirait Valls ou Cazeneuve. Pas de souci pour les dictateurs d’Afrique ou des différents émirats pétroliers qui s’offrent (on pourrait même dire squattent) une bonne partie des hôtels particuliers des Champs-Élysées et alentours. Qu’un dictateur d’une ex-colonie française soit chassé par son peuple ? La république, compréhensive et généreuse, l’accueille dans un de ses châteaux de la Loire… Les oligarques russes ? Bienvenue sur la côte d’Azur ! L’émir du Qatar est en manque de loisir ? On lui cède un club de foot…

C’est ainsi. La France accueille toute la richesse du monde. Pas de frontières, pas de barbelés pour les assassins au pouvoir, les pilleurs de leurs peuples. Après tout, ils ne sont que les sous-traitants des multinationales des grandes puissances comme la France. La hiérarchie mafieuse des grands de ce monde a sa logique et ses affinités.

Alors, malheur aux pauvres, aux expulsés de leurs terres, malheur aux civils qui fuient les massacres et guerres civiles entretenues par nos marchands d’armes richissimes. Mais pas de frontières pour Hollande qui fait le VRP en Égypte, en Inde ou au Brésil, pour vendre les Rafale du petit père Dassault, le roitelet clientéliste de sa bonne ville de Corbeil-Essonnes.

Il faut des mois ou plusieurs années pour un périple de tous les dangers du Mali, du Soudan, de Syrie ou d’Érythrée pour finir sur un rafiot en perdition en Méditerranée sans être sûr d’atteindre les rives italiennes… Il faut moins d’une heure à Valls à bord d’un Falcon aux frais de la république, pour assister à une finale de la Ligue des champions de foot. Une « bourde », a-t-il dit. Certes. Une nette faute de goût au moment où, à Roissy, deux fillettes étaient séparées de leur parent respectif et retenues pendant plusieurs jours dans la « zone d’attente pour personnes en instance »… Au moment, également, de la dispersion brutale des campements de migrants à Paris.

Deux mondes, deux univers

Et les mensonges d’État pour nous les faire accepter. Le gouvernement prétend que l’arrivée de quelques dizaines de milliers de migrants en France pose « un problème considérable ». Vraiment ? Le Liban, un petit pays de 4 millions d’habitants accueille 1 million de réfugiés syriens. La France, un pays riche, de plus de 66 millions d’habitants, en laisse à la rue et en pourchasse près de 100 fois moins. Il y a 35 ans, elle a accueilli sans difficulté environ 130 000 boat people indochinois ! Il est vrai qu’on était alors en pleine guerre froide et que cela pouvait servir la propagande anticommuniste.

Une invasion du Sud vers les pays du Nord ? Autre mensonge. Rappelons que les migrations « sud-nord » sont bien inférieures aux migrations entre pays du « sud » : ce sont surtout des pays pauvres qui accueillent la majorité des 50 millions de personnes déplacées dans le monde du fait de la guerre, des persécutions ou des catastrophes climatiques.

Ces migrants qui nous montrent l’exemple

En réalité, nos gouvernants reprennent la propagande du Front national, préférant alimenter la peur de l’étranger et fabriquer des travailleurs sans-papiers que des patrons sans scrupules surexploitent. Du moins tant que ces travailleurs ne s’organisent pas : dans la foulée des combats gagnés en 2010, des centaines d’intérimaires sans papiers ont occupé le 9 juin trois agences d’intérim des Yvelines afin d’obtenir les formulaires nécessaires à leur régularisation. Les expulsés de la Chapelle ont manifesté malgré la répression policière, occupé une caserne de pompiers désaffectée, soutenus par des centaines de riverains. En se battant collectivement, les migrants de Menton, de Paris ou des Yvelines montrent la voie.

Oui : l’heure est à la solidarité internationale des exploités face aux tenants du système.

Éditorial des bulletins d’entreprise de la Fraction L’Étincelle du 15 juin 2015

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