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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 9, mai-juin 2000 > DOSSIER : Femmes au travail : tout a changé... rien n’a bougé

DOSSIER : Femmes au travail : tout a changé... rien n’a bougé

Choisir d’avoir ou non des enfants : un droit essentiel pour les femmes

Mis en ligne le 1er juin 2000 Convergences Société

La loi sur l’avortement a eu 25 ans en janvier de cette année, pourtant ce sont plus de 5000 femmes qui sont contraintes d’aller à l’étranger (Grande-Bretagne, Hollande, Espagne) pour une interruption volontaire de grossesse (IVG). Certes, cette loi a été imposée de haute lutte après des années de mobilisation pour faire cesser une situation scandaleuse qui amenait des femmes à risquer leur santé et leur vie parce qu’elles ne pouvaient ou ne voulaient pas poursuivre une grossesse non-désirée, mais elle est aussi une loi très restrictive.

Rappelons tout d’abord que l’avortement demeure interdit. La loi Veil ne fait que suspendre cette interdiction dans certaines conditions, à preuve, l’avortement reste inscrit dans le Code Pénal. Ces conditions sont d’abord les délais : 10 semaines de grossesse, c’est très court, pour se rendre compte qu’on est enceinte, pour prendre la décision d’avorter, pour faire les démarches, pour trouver une place dans un centre d’IVG… et pour obtenir l’autorisation des parents quand on est mineure. Cette loi exige des femmes étrangères 3 mois de séjour en France et autorise les médecins à faire appel à la clause de conscience pour refuser de pratiquer des IVG, ce que la plupart font par préjugé religieux ou tout simplement parce que ce n’est ni payant ni valorisant. D’où l’un des gros problèmes qui est de trouver le médecin qui accepte.

L’avortement libre et gratuit reste à gagner

Les obstacles ne sont pas seulement légaux, ils sont aussi dus au manque de moyens pour les Centres d’IVG, parent pauvre du pauvre hôpital public. Plus de la moitié des demandes d’avortement ne peuvent être satisfaites dans le secteur public et sont renvoyées sur le secteur privé. Pendant les périodes de congés, trouver un établissement qui vous accueillera dans les délais tient de la course contre la montre. Soulignons enfin la formidable hypocrisie qui entoure tout cela, les pouvoirs publics savent pertinemment que des milliers de femmes avortent hors des conditions prévues par la loi, les services sociaux, les CIVG… orientent eux-mêmes les femmes qui ont dépassé le délai légal vers le Mouvement français pour le planning familial qui les aidera à aller à l’étranger. En ce qui concerne le remboursement, il s’effectue sur un budget spécial, voté chaque année par le parlement et donc toujours soumis au bon vouloir de la majorité parlementaire.

Interrompre une grossesse est une décision qui n’appartient qu’à la femme concernée. Les restrictions doivent être levées pour les étrangères et les mineures. A partir du moment où une jeune femme peut avoir un enfant, elle doit avoir les moyens de décider. Certes, plus une IVG est pratiquée tôt mieux cela vaut et cela doit être favorisé par plus d’information et plus de moyens pour les CIVG mais la limitation ne fait que réduire les femmes à des solutions plus coûteuses, plus difficiles, plus dangereuses. L’avortement doit être dépénalisé, les restrictions levées et les moyens donnés pour permettre à toutes les femmes de n’avoir que les enfants qu’elles veulent, si elles le veulent, quand elles le veulent.

Frida FUEGO

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